Dimanche, dernier jour… On se lève « tôt » afin d’être présent pour le set de Municipal Waste. Nous croisons des festivaliers chantant sur le ton de "no woman no cry" (de Bob Marley) "No no Manowar ! » Mais le meilleur est à venir : Clutch, Lynyrd Skynyrd, Lamb of God, Slayer et Tool.

Ce n’est pas une légende, nous discutons au petit déjeuner avec les autres festivaliers qui, comme nous, logeons chez l’habitant, et 2 de ces 4 festivaliers ont eu leurs téléphones portables dérobés !

C’est un peu le point noir de cette année, il faut être attentif, je le suis, nous le sommes, et rien à déplorer de notre côté avec Ludo G.

11h45, nous arrivons sur le site et il fait déjà très chaud heureusement quelques nuages hauts viennent tempérer cela … pas pour très longtemps.

Nous nous positionnerons sur une butte en face du Main Stage 2, c’est parfait nous allons pouvoir en profiter pleinement !

12h, Municipal Waste ! Les premières notes de grattes résonnent à peine que déjà le premier circle pit se forme ! Le public connaît bien cette formation majeure du revival thrash: headbanging, circle pit et wave of death font partis de l’ADN du groupe. Ça et le sens de la fête ! Le chanteur annonce qu’ils débarquent juste de l’avion pour venir jouer « we just got of the plane, we almost didn’t make it » et qu’ils sont encore bourrés de la veille ! Nous constatons que le groupe vient d’enchainer 3 festivals majeurs avec Graspop le vendredi, Copenhell le samedi et le Hellfest ce dimanche ! La voix est éraillée mais il se donne à fonds sur les morceaux ! Un moment de repis ? Nope, le groupe balance du gros riff à tout va et le public répond par un enchainement de circle pit ! L’apogée viendra sur la wave of death où le chanteur indique à la caméra d’arrêter de le filmer et plutôt de se concentrer sur les vagues humaines, amoncellement de crowed surfeurs, qui s’abattent sur la main stage! Une très belle entrée en matière pour cette journée dédiée au Thrash !

Nous croisons des festivaliers chantant sur le ton de « no woman no cry » (de Bob Marley) « No no Manowar ! », beaux joueurs ou un brin chambreurs ? Dans tous les cas, nous entendrons aussi des « Manowar !!! » sur le ton de la blague pendant ces 3 jours, cette affaire semble tout de même beaucoup moins grave pour les festivaliers. De toute façon les festivaliers choisissent le Hellfest en premier pour l’expérience, pas pour l’affiche.

Le Main Stage 2 se vide en quelques minutes, c’est impressionnant à quelle vitesse le flow de festivaliers est fluide (ce midi) sur le festival. Il y a pourtant beaucoup de monde !

12:50 sur le Main Stage 1,Tesla prend le relais. Ça fleure bon les 80’s et le groupe nous ressort ses grands classiques. Alternance entre gros hard et bonnes balades comme seuls les grands groupes de Hard savaient nous pondre il y a 30 ans.. Les canons à eau se mettent en route pour asperger les festivaliers des premiers rangs, pour la journée la plus chaud mais dont les quelques nuages et la petite brise viennent nous sauver.

Les mecs de Tesla sont heureux d’être là et entre les multiples vestes à patch et ce son si caractéristique des années 80, on a l’impression de voyager dans le temps. A moins que ce soit la combinaison des pintes de Grim et de la chaleur…

13h35, en parlant chaleur, un pionnier de la Bay Area prend d’assaut le Main stage 2 pour balancer du gros thrash made in Californie. Du thrash flirtant même vers le death.. Il s’agit bien sur de Death Angel. Gros groupe avec un gros répertoire. Du coup, comme le dit si bien le chanteur: on est heureux d’être là mais pas le temps de se perdre en conjoncture, le timing est serré et Death Angel a du riff à gogo à envoyer. Il remerciera dans (presque) toutes les langues « Merci », « Thank You », « Obrigida », « Danke » et j’en passe ….

14h20, c’est la valse des festivaliers du MS2 au MS1, même si très rapidement nous voyons de nouveau arriver par vagues des festivaliers prendre place en MS2 avant Trivium un des gros morceaux de ce dimanche. En attendant on profite du rock sudiste de Blackberry Smoke sous le soleil de plomb.

A noter que le réseau mobile fonctionne globalement mieux que les années précédentes ! Merci les opérateurs !

La nostalgie. Le truc du moment. Musique, télévision, cinéma.. Les 80’s sont en force. Trivium eux, ils en ont rien à faire. Cinquante minutes de set et ils démarrent direct par 3 uppercuts de leur dernier album. Sins and the Sentence, Oblivion et Sever the Hand. Normal vu l’excellente qualité de l’opus ! Le Hellfest répond présent et la main stage est noire de monde. On est mis en concurrence par rapport au Download UK « best audience so far in the tour » … A voir si le Hellfest réussit à battre la fougue de l’autre grand fest. Et c’est sur In Waves que le Hellfest perd les pédales et envoie du gros lourd ! On finit premier ? Dur à dire. Mais une chose est certaine: le set était bien trop court et on en aurait bien repris !

16h c’est Clutch qui prend la relève en Main Stage 1, un groupe qu’on pourrait programmer parfaitement avant ou après les Eagles of Death Metal. Le public est maintenant partout, on ne bouge pas de peur de perdre ce bel emplacement sur la butte face au Main Stage 2, pourtant Testament, autre gros morceau de la journée c’est dans une heure …

Il fait toujours très chaud, les canons à eau sont de sorties ! Aussi petite aparté concernant les allergies, si vous aussi comme moi vous en souffrez, aujourd’hui c’est l’horreur pour moi. Je suis sous traitement depuis 1 mois, je n’ai pas souffert jeudi, vendredi et samedi, mais aujourd’hui c’est dur. Mais c’est ça aussi le Hellfest, nous sommes en pleine nature ! A côté des vignes de Muscadet ! J’observe les nombreux festivaliers qui portent des masques anti pollen, j’aimerais leur emprunter !

16h55, Testament débarque sur le Main Stage 2 ! Le public est en masse, les chansons reprises, du headbang, circle pit et pogo à gogo ! C’est bien du Thrash Métal, et les fans se régalent !

Le groupe s’arretera de jouer quelques secondes (le timing est toujours serré) pour que nous puissions entamer un « happy birthday to you » au chanteur Chuck Billy né le 23 juin … 1962 ! Il est en forme et donnera tout ! Sur Into the Pit tous les points seront levés, c’est beau un Main Stage 2 en fête ! En revanche, il y aura comme des micros coupures (à peine perceptible) de son, assez étrange … rien pour gâcher la fête tout de même. « A bientôt ! Vive la France ! » le groupe nous laisse conquis !

En attendant les sudistes de Lynyrd Skynyrd nous entendrons un Thunderstruck d’AC / DC largement repris par le public ! 19h40, ça démarre en Main Stage 1. Mes chansons préférées du groupe seront jouée de That Smell, en passant par le grand classique Gimme Back My Bullets ou encore la fameuse Simple Man (ma préfée). En 2012 le Hellfest était sous la pluie, et le soleil était revenu pendant Lynyrd Skynyrd, et bien cette fois aussi, alors que le soleil commence sa descente, des rayons de soleil viennent illuminer le groupe, quel effet, ils sont forts ces américains quand même … certains titres sont raccourcis par arriver à tenir la cadence. Sweet Home Alabama déclenche un « ahhhh » collectif (dommage qu’elle soit la seule chanson connue avec un titre d’oiseau … d’un oiseau libre … que j’attends avec impatience). Sauf que voilà, il est 20H40 à la fin de Sweet Home Alabama et le groupe doit libérer le Main Stage donc pas de free bird … ou pas !!! Rien à foutre de la programmation on dirait, Lynyrd Skynyrd démarrer son Free Bird et libérera le Main Stage à 20h50 soit 10 minutes en retard ! Enfin … voilà une belle histoire à raconter pour Lamb of od (oui ça fait bizzare d’enchaine sur Lamb Of God) « oh lynyrd voulait pas terminer son free bird c’est pour ça qu’on a démarré en retard… ».

20:55 donc, ça démarre sur Lamb of God, j’ai pu (essayer) de me slider de MS1 à MS2, le public n’est pas le même … plus jeune … plus énervé. Les visages sont plus fermés, ça headbang, ça pogote, ça circle pit sans arrêt, la double pédale est de retour (après Lynyrd), quelle énergie sur scène et dans la fosse alors que le soleil a encore baissé en luminosité. Cette journée est parfaite pour les amateurs du genre. Les changements de rythmes sont prenant, quel pied !

 Au même moment, Ludo G. sera au Temple pour Emperor.

Après une journée main stage sous un soleil de plomb, il est temps d’aller se rafraîchir. Et quoi de mieux que la scène Temple pour aller se prendre un coup de blizzard ? Ça tombe bien, les pionniers du Black, véritable précurseur du genre, Emperor y est présent. La scène est minimaliste, pas de décor, pas de micro pentagramme ni de costumes d’apôtres de l’apocalypse. Le chanteur arbore une chemisette noir, les cheveux noué en bun et lunette de vue sur le nez… À des kilomètres des clichés du Black. Mais dès que la musique démarre, Emperor nous transporte dans son univers complexe et sans limite, propriété de son chanteur Ihsahn qui aura repoussé toutes les barrières pour écrire les grandes lettres du Black. Le public est plus calme, attentif et réceptif aux brûlots du groupe. Il suffira que le chanteur interroge le public sur ‘sa fatigue’ pour électriser la foule et qu’une armée de bras tendu se dresse dans la salle pour lui répondre que non le public est bien présent !

Le set d’Emperor est à peine fini qu’une vague de festivaliers se deverse déjà dans l’Altar. La raison: Cannibal Corpse, groupe de brutal death bien connu des amateurs de musique extrême et qui depuis la sorti de son premier opus au début des 90’s est devenu culte. Le charismatique chanteur George ‘Corpsegrinder’ Fisher donne le ton dès le début avec un headbanging de malade ! Il chauffera d’ailleurs le public quelques morceaux plus tard et l’invitera à le suivre.. si on y arrive. Et malgré un public bouillant, George gardera sa ceinture incontesté d’headbanger ! Niveau morceaux, le groupe enchaîne ses classiques d’un répertoire riche de 14 albums ! Un enchainement de baffes dans la tronche, d’une violence incroyable avec son mur de guitares, ses riffs à 1,000 kilomètres heures et les hurlements de ‘Corpsegrinder’. De quoi abattre un mammouth. J’en ressors sonné.

A peine le temps de reprendre mes esprits que je pars rejoindre OlivDuff pour Slayer.

Entre temps, j’aurais profité de … (accrochez-vous) … Slash featuring Myles Kennedy and The Conspirators, oui c’est long à lire et à écrire ! Les riffs enflamment la nuit qui commence à tomber. Les amateurs des Guns and Roses reconnaîtrons Night Train. Slash est en nages, malgré tout ses doigts glissent mais ne dérapent pas sur sa Gibson. Anastasia viendra annoncer le début de la fin du set, enfin la fin … non ! C’est le début de Slayer …

Aussi je me demande si le Hellfest annoncera des groupes en avance … je ne pense pas vu ce qu’il s’est passé avec Manowar …

23h la nuit est tombée, Slash c’était le calme avant la tempête. Voilà Slayer, et tous les fans du genre massés devant le Main Stage 2 (où je retrouve Ludo G.) pour (presque) finir en beauté cette magnifique édition 2019 du Hellfest.

Les projecteurs sont rouges, les flammes sur la scène, on a l’impression que la terre va s’ouvrir pour laisser déferler les enfers !!! Le groupe avait été annoncé en fin de Hellfest 2018, et profitera donc d’1h30 de set. Les plus grands titres sont joués par le groupe pour le plus grand bonheur des fans, Repentless, World Painted Blood, Hate Worldwide, et War Ensemble pour ne citer que ces chansons-là.

Au passage je trouve Tom Araya plus affuté (amaigri ?) que d’habitude …  il en profitera enfin (après World Painted Blood) pour dire quelques mots « comment ça va ? » (oui 3), et de regarder, savourer, prendre le temps (avec un large sourire) de nous observer. Tiens alors que Raining Blood démarre, je ressens quelques goutes de pluie, ou alors est ce du sang qui se déverse sur le Hellfest ?! Non c’est bien de la pluie. Le set s’achèvera sur ma préférée Dead Skin Mask et un Death Angel très énergique.

Le groupe fera un selfie alors que le feu d’artifice illumine la nuit et le Hellfest.

Il est 00H35 le marathon du Hellfest touche à sa fin … nous profitons du métal progressif du groupe mythique Tool en Main Stage 1 puis direction dodo. Les images diffusées sur les écrans géants nous transportent, et nous permettent de rentrer (apres Slayer ce n’est pas simple) dans l’univers si particulier du groupe. Aller il se fait tard je rends les armes !

Il pleuvra ce lundi matin à Clisson, comme si le ciel était triste de voir le festival se terminer. Nous aurons une pensée à tous les bénévoles et techniciens qui vont devoir (sous la pluie) nettoyer et ranger le site … courage à vous et à très vite on l’espère !

OlivDuff et Ludo G.

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Festival