Avec Forever, I’ve Been Being Born, Jesse Sykes & The Sweet Hereafter signent une œuvre qui résonne comme une élégie, une méditation sereine sur la mortalité et le passage du temps. Si la voix de Jesse a souvent été un phare dans la nuit pour les autres, elle devient ici, pour elle-même, une compagne de route. Une figure se détache particulièrement : sa nourrice d’enfance, qui inspire l’un des motifs de l’album. « Elle fut véritablement la personne qui m’a appris l’amour, » confie Jesse. « Quand je pense au moment de la mort, je l’imagine souvent comme le fait d’aller vers elle. »
L’album a pourtant mis des années à voir le jour, marqué par le départ inattendu de deux membres du groupe après l’album Marble Son. « Perdre notre section rythmique a été un déchirement, » se souvient-elle. « Ça peut sembler cliché, mais il nous a vraiment fallu faire le deuil de cette perte, et nous éloigner de la musique. Car il faut l’avouer, la musique nous faisait mal : elle nous rappelait ce que nous avions perdu. Un groupe, c’est comme une famille… et j’avais perdu la mienne. Alors oui, j’ai dû abandonner la musique pour mieux pouvoir retomber amoureuse d’elle. »











