La Sacem, Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, existe depuis 1851. Pour en savoir plus sur cette "Société civile à but non lucratif, détenue et gérée par ses membres" selon sa propre définition, rencontre avec Frédéric Raveleau, Délégué régional de la SACEM dans le Finistère.
Frederic Raveleau mène sa vie professionnelle autour de son « goût pour la musique et pour évoluer au sein de la filière musicale ». Après des études à Rennes Frédéric fait ses gammes chez le fabricant d’enceintes acoustiques haut de gamme Cabasse pendant 5 ans. Changement d’orientation, Frédéric entre à la SACEM en 1998. Chargé de clientèle en Bretagne et dans le Grand Ouest durant 2 ans et demi il va entamer, en tant que stagiaire-délégué puis Délégué régional, un tour de France qui le mènera à Béziers, Bourg-en-Bresse, Épinal, Limoges, Quimper avant de s’installer à Brest.
Pour les néophytes et/ou les curieux, la SACEM ça sert à quoi ?
A représenter les auteurs et compositeurs, à collecter leurs rétributions et défendre leurs droits. Je rencontre encore des gens pour qui la SACEM est là pour prélever ce qu’ils pensent être une une taxe, un impôt. Et pas ce qui est juste le salaire des aux auteurs. On doit faire preuve de pédagogie, et expliquer que la musique rend un service en contrepartie duquel il n’est pas anormal qu’il y ait un prix.
Ensuite l’idée c’est de leur simplifier la tâche, avec des forfaits par exemple. Et enfin nous sommes là pour mettre en valeur les jeunes talents, être des partenaires pour accompagner des projets culturels qui ne manquent pas dans le Finistère.
Dans le Finistère la situation est différente du reste de la France?
Il y a une richesse plurielle évidente. Chaque année 6000 manifestations font usage de la musique : que ce soit la kermesse, le marché de Noël, les salons de toutes sortes, et bien sûr les festivals. Dans 8 cas sur 10 ce sont de petites manifestations regroupées sur les mois d’été pour des raisons évidentes.
Ici les répertoires sont multiples et de styles très différents avec plus de 1000 auteurs-compositeurs dans le département. On essaie d’être le plus proche d’eux et de répondre à leurs attentes. Pour s’inscrire à la SACEM il faut avoir écrit 5 œuvres que ce soit de la musique, des textes, sketches, du sous-titrages ou de la poésie. L’inscription coûte 127€ et la SACEM compte 153 000 membres.
Qu’est ce qui a changé des dernières années ?
Pas mal de choses, dont l’avènement d’internet. Le téléchargement payant a fait comprendre que l’on ne peut pas se servir d’une œuvre gratuitement. Ensuite les habitudes ont évolué. Je me souviens au début de ma carrière de visiter régulièrement les discothèques. Mais depuis 15 ans elles disparaissent les une après les autres, parfois au profit des bars à ambiance. Certains clients veulent faire la fête en toute sécurité sans prendre la voiture et s’éloigner des centres urbains.
Et ce qui vous tient à coeur ?
Convaincre de mettre de la musique encore et partout. C’est un élément d’accueil, d’accompagnement, ça signe l’identité de l’endroit où elle est diffusée. Les marques l’ont bien compris et font des compilations tous les mois pour diffuser dans leurs magasins. La musique c’est le plus qui fait toute la différence!
Propos recueillis par Bernadette Bourvon
Photo Jacqueline Ledoux
Légende photo : Au Festival du Bout du Monde cet été à Crozon, l’artiste malien Faada Freddy, racontait avec humour et conviction comment il se félicitait d’être membre de la SACEM.
De gauche à droite : Lucien Quesnel, Responsable régional de la SACEM, Faada Freddy, Xavier MADEC, Frédéric Raveleau, Délégué régional.











