Le festival « Bruissements d’Elles », organisé du 13 au 30 mars en Indre-et-Loire, fait la part belle à la création féminine sous toutes ses formes (théâtre, chanson, rencontres littéraires…). Ce samedi 24 mars, deux noms incontournables de la scène pop-rock tourangelle se produisaient à Rouziers-de-Touraine : Mesparrow et Grisbi.

La jeune chanteuse Mesparrow n’est pas une inconnue du public breton. En 2011, elle a notamment joué aux « Tombées de la Nuit » à Rennes, peu de temps après avoir assuré la première partie de Cocoon à Londres. Seule sur scène, elle interprète ses compositions personnelles et plonge l’audience dans un univers envoûtant et rêveur. Sa voix grave, parfois rauque fait sensation sans jamais oppresser l’auditeur. Ce dernier se laisse emporter dans un voyage intérieur, introspectif et captivant. Fidèle à son pseudonyme qui évoque la famille des passereaux, Mesparrow[1] entame une série de cris d’animaux et de bruits incongrus, volontairement déstructurés et quelque peu déconcertants. On pense alors à Camille et à ses vocalises ahurissantes. La pédale de boucles est judicieusement utilisée pour faire écho à la voix et provoquer un réel étourdissement chez le spectateur qui ne sait plus s’il suit ce qui est enregistré ou réellement chanté ! Des titres plus classiques sont interprétés au piano dans un esprit cabaret que ne renierait pas Marianne Faithfull. Par le climat de désolation teinté de réconfort, on se remémore l’image de « l’oiseau sur la branche » cher à Leonard Cohen. En fin de concert : « My Heart Belongs To Daddy », popularisé par Marylin Monroe, enchante le public tandis qu’un titre étrange « sur les problèmes de communication » étonne, le refrain étant bégayé !
Grisbi entre en scène. Le groupe formé par la chanteuse Natasha et Antoine (guitares, clavier) a déjà à son actif « Play Time », un album électro-pop acidulé sorti en 2007, de nombreux festivals et de prestigieuses premières parties (Aaron à Blois en 2008). Les quatre compères interprètent « My Curious Country » suivi du gracieux « Japanese Umbrella ». Dotée d’une voix claire, posée et réconfortante, Natasha suit une jolie trame mélodique, régulière que ses acolytes s’emploient à bousculer par des effets spéciaux inattendus, judicieusement bricolés. Une multitude de références semblent cohabiter : B52’s, Beck, Björk, Radiohead… L’auditeur profite de véritables perles électro-pop qui ne se laissent jamais envahir par un excès de modernité. « Seven Days A Week », « For You » et « Teenager » sont magnifiées par la remarquable cohésion des musiciens. Toute électricité dehors, ils reprennent en ultime rappel « Wurlitzer Jukebox » des Young Marble Giant.


0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie concerts