Les Français savent qu’il n’existe plus rien entre le Président de la République et eux. Aucun syndicat. Aucun parti politique. Aucune association. Rien qui puisse faire entendre la souffrance du peuple autrement que le peuple lui-même. Emmanuel Macron est désormais nu face à ses électeurs. Son discours à propos du mouvement des Gilets Jaunes prouve hélas ! qu’il n’a rien compris.

L’amenuisement des classes moyennes n’est pas la seule responsabilité d’Emmanuel Macron. Elle est avant tout celle d’une mondialisation financière et culturelle encouragée par les trois derniers présidents : messieurs Macron, Hollande et Sarkozy, depuis que ce dernier a fait adopter en catimini le traité de Lisbonne. Un coup de force qui fut aussi celui de grâce quant à la confiance des Français vis-à-vis des politiciens. En trahissant le vote populaire, Nicolas Sarkozy a détruit l’image de ce que doit être un Président de la République au service d’une grande démocratie : le protecteur d’un peuple et celui d’une nation.

Le gouvernement ne dit rien des véritables problèmes

Depuis 2005, depuis Lisbonne, l’Europe fait du surplace. Aucun des objectifs politiques ou économiques visés n’a été atteint. Pire ! La France n’est plus divisée en Nord et Sud avec la Loire pour démarcation entre pluie et soleil. Ça c’était avant, dans les livres de géographie du siècle passé, nous sommes désormais européanisés – ce qui revient à dire mondialisés, avec d’un côté la France aisée citadine, et de l’autre la France périphérique des lendemains qui déchantent. Voilà ce que dénoncent les Gilets Jaunes en surlignage du pouvoir d’achat et de l’augmentation des carburants.

Le discours d’Emmanuel Macron s’oppose à la « vraie » vie dont il ne dit rien

Le Président de la République entend sans écouter. Il explique dans un long discours « castriste » qu’aucune mesure concrète ne sera prise pour répondre à la colère, sans néanmoins justifier les véritables raisons de cette nouvelle avalanche de taxes, si c’e n’est par le moulin à vent de l’écologie. Tout à coup, sauver la planète devient le premier objectif de son mandat. Comme si l’urgence du devoir lui interdisait quelques prévenances sociales et équitables. Le discours d’Emmanuel Macron s’oppose à la « vraie » vie dont il ne dit rien.  Rien sur l’Europe ni sur le passage à l’Euro ayant fait exploser une inflation dissimulée par des statistiques-magouilles. Rien sur la mondialisation qui fait baisser les salaires et accentue le chômage. Rien sur les conséquences migratoires. Rien sur l’identité des peuples. Les limites de la macronie s’esquissent dans le mépris d’un gouvernement qui ne connaît pas le quotidien des Français en général et des Bretons en particulier.

Seules les grandes villes intéressent le Président Macron

Mondialisation. Bruxelles. FMI. COP21. Seules les grandes villes intéressent le Président Macron. De l’une d’elle, un jour, s’élèvera peut-être La Cité du Futur chère au romancier Robert-Charles Wilson. Une citée écologique. Sans carbone. Et qu’importe si le pouvoir d’achat se réduit entre temps. Qu’importe si les dépenses contraintes augmentent. Qu’importe si l’immobilier explose dans les métropoles au point que certains propriétaires sont acculés à vendre faute de pouvoir s’exonérer de taxes foncières exponentielles ; ce même immobilier qui, à l’inverse, s’effondre dans les provinces et entame le premier capital des propriétaires ruraux.

Que font les élus de l’argent ?

Les français sont les citoyens les plus taxés au monde. Un taux de prélèvements obligatoires de 47,6%. En résulte l’une des redistributions de la richesse parmi les plus élevées, limitant les inégalités sociales par effet de vases communicants. Heureux Français ! Peut-être. Force est toutefois de constater que les inégalités s’aggravent. Malheureux contribuables ! Sans doute. La Cour des Comptes chargée de vérifier la régularité des dépenses publiques pointe chaque année des incohérences jamais considérées dans aucun réajustement budgétaire. Quid d’une dépense efficace et sans gaspillage qui permettrait la limitation des taxes ? Que font nos élus de l’argent ? L’histoire atteste que l’épreuve des désillusions monétaires nourrit les révoltes au temps long. Celles grâce auxquelles le peuple reprend sa souveraineté.

Un grand président ou une erreur électorale

Les statistiques assurent que le pouvoir d’achat augmente. Chacun sait qu’il n’en est rien. Deux et deux font quatre pour tout le monde à condition que l’inconnue « x » soit aussi la même pour tout le monde. Et l’inconnue, ici, c’est le mode de calcul. Quelles qu’en soient les raisons, quelles qu’en seront les conséquences, les Français ne veulent plus finir un quinquennat avec moins d’argent qu’ils avaient en le commençant. Le respect du pouvoir d’achat des classes moyennes fera la place d’Emmanuel Macron dans l’histoire de la cinquième République. Un grand Président ou celui dont on dira : Il aurait pu, il n’a rien fait. Notons pour conclure que « Libéralisme » est l’anagramme de  « Embellirais ». Ce dernier est un conditionnel…

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Novembre 2018 – Bretagne Actuelle & Jérôme Enez-Vriad

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