« Finistère » d’Anne Berest HermineHermineHermineHermine


Une mère juive originaire d’Europe de l’Est et un père breton du Finistère. Cela peut engendrer des complications. L’amour des parents n’en fera rien. De ses origines, Anne Berest en a fait plusieurs livres, remontant les différentes rivières de ce sang multiple. Avec le bien nommé « Finistère » l’auteure remonte le temps du côté celte de sa famille, entre Brest (Berest sans le « e » en fin de compte) et Saint-Paul de Léon, qui reste la véritable capitale du pays Léonard. Ce pays des légumes et des taiseux, on le découvre à travers la vie de son arrière-grand-père qui a co créé la coopérative La Bretonne au début du XXème siècle puis des générations suivantes.

Au-delà de cette remontada familiale, le livre est aussi un énorme prétexte à raconter les relations maladroites et silencieuses d’un père et de sa fille. Les derniers entretiens qu’Anne Berest noue avec lui pour rédiger sa saga ne comblant pas nécessairement le vide. En revanche, pour le lecteur, il s’agit d’un véritable plongeon dans les années hippies et trotskistes (parfois clandestines) des années 60 et 70 au cœur de Paris et de sa vie étudiante mouvementée du quartier latin. Sans oublier les voyages singuliers des jeunes bretons montant à la capitale pour parfaire leurs études et leurs ambitions qu’elles soient littéraires (Khâgne) ou scientifiques (math sup, math spé). N’oublions pas que le Finistère fournit un nombre incroyable de serviteurs de l’Etat français. La famille Berest n’échappe pas à cette destinée. La quatrième génération est désormais bien intégrée « à la capitale » ne cherchant qu’à retrouver ses racines, comme un équilibre évitant de nombreuses heures chez un psy.

Hervé DEVALLAN
« Finistère » d’Anne Berest aux éditions Albin Michel – 424 pages – 23.90€

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