Chicago, dans les années 50. Alors qu’un meurtrier présumé est sur le point d’être exécuté, la sœur de la victime, le policier qui a mené l’enquête et le tueur se remémorent les circonstances du drame afin de comprendre ce qui s’est réellement passé. A travers leur trois témoignages qui s’assemblent comme les pièces d’un puzzle, la vérité, plus complexe qu’elle n’y parait, se fait jour.
Les amateurs de polar connaissent le nom de R.J. Ellory. Auteur de Seul le Silence, Les anges de New-York ou dernièrement des Assassins (tous publiés aux éditions Sonatine), il est en effet considéré comme l’un des nouveaux maîtres du polar britannique. Cette renommée n’a évidemment pas échappé à Fabrice Colin, lui-même écrivain (Dreamericana, grand prix de l’Imaginaire en 2004), qui a décidé d’adapter, en BD, Trois jours à Chicagoland, recueil de nouvelles uniquement disponible sous forme numérique. Et le résultat est épatant. Parfaitement ficelé, le scénario confronte trois points de vue sur une même affaire de meurtre et nous démontre à quel point les apparences peuvent parfois être trompeuses. Reposant sur un solide suspens et des dialogues bien sentis, l’histoire tient en haleine de la première à la dernière page et bénéficie d’une mise en image à la fois sobre et maîtrisée de Sacha Goerg, dessinateur suisse dont le trait et les couleurs renforcent le caractère intimiste du récit. Une réussite !
Dessins : Sacha Goerg. Scénario : Fabrice Colin. Editions Delcourt (collection Mirages). 15,95€.












