Le live du 10 décembre 2007 donné par Led Zep au O2 Arena de Londres sort enfin en vinyles ! Trois fois 30 cm de plaisir qui marquent le retour des beaux objets et d'un business model ?
A l’heure de la musique dématérialisée, on assiste à un retour certain, ou un certain retour, du vinyle que l’on (enfin les majors et la grande distribution, pas les fans) avait pourtant définitivement enterré il y a une bonne dizaine d’années. La preuve, 2 millions d’unités se sont écoulés l’année dernière aux Etats-Unis, et, le nouvel album de Led Zeppelin est disponible en coffret vinyle. Le quoi de qui ? Non vous ne rêvez pas, le groupe qui un jour des sixties créa le heavy metal et abandonna le combat il y a une bonne trentaine d’années sort son nouvel album, en fait un live, en vinyle. En fermant les yeux on pourrait presque croire à une annonce entendue à la radio en 1972… Led Zeppelin presque au grand complet, John Bonham a été remplacé par Jason son fils en pleine forme. L’objet est magnifique, luxueux, (il coûte d’ailleurs assez cher, dans les 75 euros) et se présente sous coffret avec 3 disques de 180 grammes accompagnés d’un livret, le tout enrobé d’une superbe pochette le dirigeable dessiné au-dessus de Big Ben dans des tons oranges jaunes rouges.
16 morceaux avec « Good Times Bad Times » en préambule
Au niveau du son pas de surprise, c’est le live du 10 décembre 2007 donné à l’O2 Arena de Londres, devant 20.00 privilégiés, on raconte qu’ils étaient plusieurs millions à avoir tenté leur chance au loto des places mises en vente sur le net. C’est dire l’événement. On peut y entendre 16 morceaux, avec en préambule le premier titre du tout premier album « Good Times Bad Times », le cri libérateur d’une frustration longuement contenue, suivie de « Ramble On » extrait du deuxième disque. Sont passés en revue les meilleurs disques de Led Zeppelin, les sept premiers sans exception, avec un avantage pour « Led Zeppelin IV » (qui à l’époque d’ailleurs n’avait pas de nom) puisque ce sont pas moins de quatre titres qui ont été repris : « Black Dog », « Stairway To Heaven », « Misty Mountain Hop » et « Rock And Roll » d’ailleurs le dernier titre livré ce soir-là. D’ici à penser que ce disque au vieillard, sur la pochette on découvre une peinture représentant un petit vieux à l’échine courbée parce qu’il transporte une du bois, reste plus de quatre décennies plus tard le disque de référence absolue, il n’y a qu’un pas que l’on franchira. Vendu à plus de 30 millions de copies, c’est toute l’urgence et la folie des sixties qui explose aux oreilles, aujourd’hui dans notre salon, c’est à peu près la même sensation, que l’on ait 15 ou 60 ans. Les amateurs de vinyles devront se relever plusieurs fois pour écouter l’intégralité du show, mais ils pourront se délecter de la pochette des heures durant, c’est l’un des plaisirs premiers du vinylophage, et après s’être longuement repu la poser sur la cheminée. Il est des plaisirs qu’il semble toujours un peu singuliers à expliquer, milieux vaut les pratiquer, j’avoue mon plaisir coupable.
Hervé DEVALLAN
Led Zeppelin « Celebration Day » (Rhino Athantic)












