Refus d’obstacle comme on le dit en équitation ! Ou consentement général comme il doit être aujourd’hui dit. Chacun sur sa pente nie, a nié et niera le catastrophique. Tous, avouons-le, nous détournons le regard, redoutant le danger en face. Je me protège du pire et cette défense contre l’angoisse de mort est, je le crains et je le crois, partagée par l’humaine humanité. Le chef autant que le vassal n’en sont pas moins à devoir affronter le présent sans envisager l’avenir, c’est à dire cette cata de ma propre mort quoi ! Chacun craint à égalité de n’être plus et cette crainte peut, étrange paradoxe, priver de toute générosité. Défendre l’autre n’est que se défendre soi !

Du reste, n’est-ce pas le même symptôme qui nous fait refuser de voir les effets du réchauffement. Ce symptôme de la peur panique de mourir, la peur contagieuse de la contagion, la peur assez peu élaborée, nommons-la Peur Primaire : PP.

Cette peur touche à un impensable : ma mort ! N’écrit pas d’Outre-tombe qui veut !

Donc, je trie mes déchets et fais du vélo mais n’hésite pas à prendre mon diesel qui pue pour aller en vacances ou un avion pour survoler la planète ! C’est moi, le même, aux prises avec mes contradictions qui, démultipliées, se retrouvent à la tête des états ou des nations. Faire tourner le moteur économique et se foutre de l’écologie, sauf cosmétiquement. Renault et PSA plutôt qu’un monde sans typhon ni raz-de-marée pas marrants. Toyota plutôt que les États.

Nous calons devant la peur réelle de clamser. Nous qui perdons le souffle à moraliser, qui toussons nos slogans donneurs de leçon ou nos expectorations d’appel à l’exécution capitale, nous qui postillonnons des valeurs, en fait, pétons de trouille et fléchissons devant le mur : c’est au pied du mur qu’on ne reconnaît plus le maçon !

Au pied de la barricade, Rimb est masqué, et Louise Michel aussi. Les pavés sont passés au gel hydroalcoolique !

En bref, nous abdiquons ! Les indépendantistes deviennent dépendants d’un vaccin ! Les autonomistes ne s’autonomisent plus sans leur hypothétique boîte à médocs, toute révolution remise à plus tard !

De quoi donc la dictature a le nom ? La Santé !

Pas santé selon l’OMS, ni plaisir à vivre, boire, chanter, se promener, frôler, caresser, aimer, ni la santé mentale non plus! Non. La dictature de la vie coûte que coûte ! L’état d’urgence permanent s’avère sanitaire évidemment ! La vie à tout prix et quels qu’en soient les sacrifices : les personnes âgées enfermées, les enfants abêtis, les adultes télé-momifiés mais en forme et garantis sans virus ! Les étudiants sont privés d’amphi et condamnés à rester chez papamaman. Plus de bac, La Santé d’abord. Plus de service postal, La Santé d’abord ! Et voyez comme ce n’est plus le patron de la Poste qui décide, c’est chaque postier. Chacun voit midi à sa poste ! Le facteur a son facteur risque pour peu qu’il se soit tapé un mélanome ou un AVC il y a moins de vingt ans. L’humanité au risque d’une angine ! Tous au lit ! Sieste éternelle entre deux virées en vélo d’appartement !

Dites-moi, tous les amis démocrates, les républicains, les avides de liberté, ne serait-il pas que nous nous couchons ? Le tyran n’est pas un homme. Le tyran est sans visage, même pas besoin de masque ni de tronche de cake ! Ni Mao, ni Staline, ni Orban ou Trump, ni même Sarkollandacron, non plus ! Le tyran, c’est nous. Notre soumission à l’ordre de la maladie ! Le Grand Ordre de la Santé Suprême ! GOSS ! Le tyran s’appelle Covid et devant Covid, on baisse toutes les gardes. Les Constitutions, les libertés individuelles, les critiques sociétales, syndicales, journalistiques, on rentre dans nos niches. Nos lits de vie sont des lits de mort démocratique ! On se couche, mes amis. Et on s’endort !

C’est le coup d’état généralisé ! La Santé est notre veni creator ! La Santé notre tyran, par-dessus, par devant et par derrière ! Albert Schweitzer et Louis Pasteur au Panthéon (surtout pas Raoult au pouvoir) ! Schweitzer : « Il est clair maintenant que la manie suicidaire de la civilisation est en perpétuel progrès… »

À un mètre, le maître !

La civilisation mais sans se voir ni se toucher ! À un mètre, le maître ! Finie l’école obligatoire ! Tout est au choix. Le ver est dans le fruit et les familles fragiles, les classes sociales en grande difficulté qui en bavent tant avec le savoir savent désormais que l’école n’est plus pour eux, ne s’impose plus. Quant à elles, les classes dominantes ont bien compris que l’école a toujours du sens ! Finie la scolarisation obligatoire. Il aura suffi d’une trouille générale, la PP, pour que les trois Lois Ferry qui nous honoraient soient déshonorées. Et la subordination ! Finie aussi. Le travail est à la carte, en télé-truc ou en maladie ou encore au chômage partiel sauf bien sûr pour les professions essentielles : éboueurs, hôtesses de caisses, camionneurs et professionnels du soin et de l’aide. Le lien de subordination qui caractérisait le contrat de travail est déchiqueté. La PP a frappé et frappe pour longtemps car qui retourne au boulot si ce ne sont ceux qui ne l’ont jamais quitté !

« Ça vient d’en haut » nous est-il rappelé par un blanc-bec sous masque blanc

Le pire à craindre, c’est que les salariés trouvent normal, naturalisent des protocoles absurdes. Les professeurs des écoles vont continuer d’appliquer le geste barrière dût-il faire barrière aux clairvoyances critiques et aux apprentissages du vivre ensemble. N’y prenant pas garde, nous pourrions, passivement, sans broncher, normaliser des machines infernales qui empêchent un visiteur dans une Maison de retraite de croiser un résident ! « Ça vient d’en haut » nous est-il rappelé par un blanc-bec sous masque blanc, forcément ! L’ordre vient de si haut qu’on peut nommer Grand Ordonnateur, Gouverneur Suprême, l’instinct de conservation, la préservation de l’espèce voire l’idée saugrenue qu’on n’aurait plus la possibilité de mourir grâce aux mesures d’état, à ses prescriptions et protocoles, et, bien sûr, à nos mains bien lavées. Tellement rincées qu’on n’en aura demain plus, de mains. Garçon, encore une dose hydro-alcoolique siouplai !

Oui, une ordonnance médicale, mais mondiale, aura suffi pour nous faire rentrer au bercail de la pleutrerie et nous méfier de tout et surtout de toi, mon ami et toi aussi, mon amie ! Toi, mon autre, mon semblable. Toi le contagieux, le pestiféré et le pestilentiel !

Mauvais temps pour tous. Météo triste, d’un point de vue macro et du point de vue micro !

Allez, j’attends de vos rêves épidémiques autant qu’épidermiques, et de nos cauchemars d’y vivre ! Car pinçons-nous : nous VIVONS ! En général en bonne santé, bien soignés, nourris au grain et en plein air, mais sans autre plaisir à présent que la couette et la bordure de notre nez !

Si loin de toi. Distanciation sociale oblige !

Vous me manquez !

Gilles CERVERA

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