Dans le futur, le monde est dirigé par les hommes. Les femmes qui ne se plient pas totalement à leur volonté sont classées « non-conformes » et envoyées, dans l’espace, dans un établissement spécialisé afin d’être rééduquées. Mais, dans cette prison, certaines détenues vont se révolter contre ce pouvoir patriarcal qui les réduit à l’état d’objet.
Avec Bitch Planet, la scénariste Kelly Sue DeConnick et le dessinateur Valentine De Landro nous offrent un comic féministe et engagé qui porte un regard sans concession sur nos sociétés. A travers cet ouvrage, les deux auteurs critiquent le machisme mais aussi le consumérisme et les normes qui régissent notre quotidien et qui contraignent les êtres à devenir ce qu’ils ne sont pas. Prenant pour cadre un univers carcéral violent et totalitaire, l’histoire relate les aventures d’héroïnes rebelles qui refusent d’être enfermées dans une case et qui revendiquent leur droit à la différence. Mariant les influences de la SF, des films d’action et du cinéma Grindhouse (comme en témoigne la très belle couverture de l’édition française), le récit est enlevé et rythmé et bénéficie d’une mise en image très dynamique, Valentine de Landro, avec son trait et son encrage prononcés, s’appropriant littéralement l’univers proposé par la scénariste. Entrecoupé de pub vantant les mérites d’une société patriarcal où les femmes sont soumises aux désirs des hommes, Bitch Planet, qui rencontre un véritable succès aux Etats-Unis, est probablement l’un des comics les plus politiques et les plus intelligents sortis ces dernières années et s’impose comme une incontestable réussite. Une réussite qui vaut d’ailleurs à Kelly Sue DeConnick d’être nommée aux Eisner Awards.
Scénario : Kelly Sue DeConnick. Dessins : Valentine De Landro. Editions Glénat (collection Glénat Comics). 16,95€.












