« Pour te voir cinq minutes encore à Sables d'or près des dunes » chantait Etienne Daho en 1985. Et on comprend très bien que l’idole des jeunes de l’époque ait succombé aux charmes de la toujours très chic station balnéaire des Côtes d’Armor.

Ce village marin, construit dans les années 1920, a une histoire unique. Il a en effet été créé de toute pièce par un homme d’affaire finalement visionnaire, Roland Brouard qui, après avoir acheté 140 hectares de dunes, a voulu construire avec l’aide de quelques promoteurs et des banques, une station luxueuse, capable de concurrencer Dinard et d’attirer également les riches anglais.
Les travaux s’étaleront sur plusieurs années, et la station est connue pour avoir donné leur chance à certains des architectes liés au mouvement Seiz Breur, ainsi que, pour le mobilier intérieur de certaines villas, à des créateurs de la même mouvance.
La crise de 1929 emporte cependant les rêves de grandeur avant que les travaux ne soient complètement terminés, mais Sables d’Or aujourd’hui, reste une station à part. Née des dunes, comme une apparition vintage, c’est une sorte de village musée moderniste, très agréable à visiter et à vivre certainement, ne serait-ce que pour la spectaculaire plage de sable fin, et les falaises rocheuses qui la surplombent.
Un incendie spectaculaire dans les années 1950
L’offre hôtelière a subi beaucoup de transformations ces dernières années. Bien sûr, le grand hôtel de l’époque flamboyante (phase qui ne dura rappelons-le que quatre ans), a été transformé en appartements il y a fort longtemps, suite à un incendie spectaculaire dans les années 1950, mais son architecture reste néanmoins elle aussi remarquable.
Nous avons jeté notre dévolu sur l’Hôtel de Diane***, ancien hôtel de luxe de la station qui a été totalement rénové ces dernières années et de belle manière, tout en gardant le charme de la grande aventure des années 1920. Il borde l’avenue principale qui se prolonge vers le Casino et la mer, et ne se trouve qu’à cent cinquante mètres de la grande plage (il existe une plage enclavée en arrière des villas du front de mer, appelée plage sud, mais elle n’est baignée d’eau qu’à marée haute, elle permet cependant d’être à l’abri du vent lorsque nécessaire).
Les chambres sont sobrement et élégamment décorées, comme neuves, et beaucoup bénéficient de terrasse donnant sur les pins et villas en direction de la plage. Le service est très agréable et le petit déjeuner correct. La salle de restaurant (qui sert également pour le petit déjeuner), est restée « dans son jus ». Elle a beaucoup de charme, tant sa bretonnitude est baignée de lumière.
Gentiment surclassés
Nous avions réservé sur booking.com la chambre standard pour 113 euros, hors petit déjeuner, mais nous avons été gentiment surclassés pour le même prix, ce qui nous a sans doute valu cet accès à la terrasse. Pour ce qui a été le seul vrai beau week-end du mois de mai, ce fût une aubaine de pouvoir profiter des chaises longues et de la très reposante vue sur les pins.
Le soir nous avons pris l’apéritif aux Embruns. Ce bar est une institution locale où les jeunes et moins jeunes se retrouvent pour refaire le monde, boire et parfois danser, depuis trois décennies. L’ambiance y est courtoise, mais un peu moins chaleureuse à partir de 22 heures en week-end.
Nous avons dîné à la Potinière, et le menu s’est montré tout à fait plaisant. C’est également un bar à vin, ainsi le vin maison était bon, et d’un excellent rapport qualité prix. Service très courtois.
Il était temps d’aller au Casino
Le bar des Embruns étant devenu relativement bruyant au sortir de restaurant, il était temps d’aller au Casino. C’est alors un autre monde qui s’ouvre, décalé au cœur de ce village étrange… Le service au bar est aimable (et le restaurant est paraît-il meilleur depuis quelques mois), et il est amusant de voir la bourgeoisie des villages alentours danser au son d’un orchestre de bal sur des tubes surannés. Si les machines à sous vous rebutent et que vous n’avez pas le cœur à engager un slow sur un « imagine » pourtant bien imité, il est temps d’aller marcher le long des dunes.
Là, le spectacle est magnifique et, pour peu que le soleil s’épanche encore un peu, vous pourrez vous croire un instant à Malibu ou ailleurs, tant Sables D’Or, bien que station fièrement bretonne, semble appartenir au réseau de ces lieux mystérieux qui tissent secrètement des fils entre eux, d’un bout à l’autre de la planète.
Autres adresses intéressantes sur Sables D’Or que nous vous ferons découvrir lors d’un prochain périple, le manoir Saint-Michel***, en surplomb de la grande plage et le restaurant la Voile D’Or, à l’entrée des Sables, donnant sur la plage sud.
Tiphaine KERVAON











