Dans la campagne angevine, près de Cholet, Pierre Martino découvre qu’il est cocu. Armé d’un fusil, il se rend à l’hôtel où sa femme et son amant ont l’habitude de se retrouver avec la ferme intention de les supprimer. Dans sa précipitation, il se trompe de chambre et tue le mauvais couple. Martino écope alors d’une lourde peine de prison…
Considéré, à juste titre, comme l’un des grands noms de la BD francophone depuis la publication d’Ibicus, en 1998, Pascal Rabaté navigue désormais entre le 7e et le 9e art avec une aisance déconcertante. Après avoir sorti, en juillet dernier, Du goudron et des plumes, son troisième long métrage, l’auteur est aujourd’hui de retour en librairie avec Le Linge Sale. « Se contentant » de signer le scénario, Rabaté s’associe ici au dessinateur Sébastien Gnaedig et nous livre un récit à mi-chemin entre la comédie de mœurs et le thriller. Empreinte d’un humour acerbe et corrosif, cette histoire de vengeance passionnelle, portée par des dialogues savoureux, entraîne le lecteur dans la campagne angevine et dresse les portraits de personnages truculents et hauts en couleurs. Des personnages qui font d’ailleurs la force de cet ouvrage et qui, en creux, offrent le reflet d’un monde rural en proie à la misère sociale et affective. Sans être le meilleur livre de Rabaté et en dépit d’une mise en image quelque peu figée, ce Linge Sale, qui sent la drôlerie et la cruauté à plein nez, mérite largement le détour.
Le Linge Sale. Scénariste : Pascal Rabaté. Dessinateur : Sébastien Gnaedig. Editions Vents d’Ouest. 19,50€.












