Maurice Le Scouëzec, "l'Africain" de la bande du carrefour Vavin, le Breton du groupe des Montparnos, l'ami de Modigliani et de Mendjisky revient faire un tour dans son quartier à Paris. Du 11 juillet au 28 août, son œuvre est exposée à la mairie du 6e arrondissement.
Cet été, la mairie du 6e arrondissement de Paris accueille près de 75 ans après la mort du peintre, une magnifique exposition consacrée à la « période Montparnasse » d’une des figures les plus pittoresques de la peinture de ce début 20e siècle. Le public aura la possibilité de découvrir au travers de quarante-quatre œuvres majeures, dont la plupart jamais vues, le travail trop méconnu de Maurice le Scouëzec l’ami de Modigliani, Clergé et Foujita, de Pascin et Zadkine. Avec la redécouverte de ces nus, de ces scènes de rues, de bistrots et de brasseries des grands boulevards, c’est tout le Paris du carrefour Vavin de l’après-guerre qui va revivre l’espace d’un été en plein cœur du Quartier latin. Né en 1881 au Mans d’un père breton inspecteur des chemins de fer, arrière-petits-fils d’armateurs de Lorient, Maurice Le Scouëzec (dont le nom signifie larges épaules en breton), fréquente au début du 20e siècle l’univers créatif et iconoclaste des peintres de Montparnasse. L’artiste qui ne signait pas toutes ses peintures de peur qu’elles soient saisies par les huissiers, s’installe de 1917 à 1924 rue Delambre dans un atelier, non loin de celui de Modigliani. Il peint sans relâche et avec passion la bohème des artistes, l’humanité des braves gens, la visite des filles à l’hôpital Broca ou les déclassées de la société. Embarqué sur de grands voiliers, il multiplie les voyages autour du monde, Vénézuela, Madagascar, Haute Volta, Sahara, avant de rentrer définitivement en France, chez lui à Douarnenez.
Montparnasse, la parenthèse enchantée
On l’a dit anarchiste, mauvais soldat, contradicteur forcené ou matelot abonné à l’enfer des machines, jugements auxquels il aurait souscrit sans réserves ; mais le peintre qui avait acquis les premiers rudiments de son métier en 1900 à bord d’un voilier en route pour les mines de nickel de Nouvelle-Calédonie ne saurait être évalué à l’aune de ces seuls traits. En 1940, l’artiste peintre amoureux fou de l’outre-mer qui fut tour à tour, pilotin, soldat, globe-trotter et aventurier s’éteint en Bretagne. Son œuvre restera oubliée dans un grenier pendant un demi-siècle. En 1920, le critique et journaliste André Salmon écrivait avec sincérité et conviction : « Montparnasse ne serait pas Montparnasse, sans Le Scouëzec ». L’exposition installée dans le salon du Vieux Colombier de la mairie du 6e arrondissement fait ressurgir en parallèle de la sortie aux éditions Palantines d’un livre consacré à l’artiste et intitulé simplement «Le Scouëzec – Montparnasse », une œuvre majeure de l’histoire de la peinture moderne.
David RAYNAL
Exposition Maurice Le Scouëzec
Du 11 juillet au 28 août 2014
Du lundi au vendredi de 10h30 à 17h, le samedi de 10h à 12h
Salon du vieux Colombier – entrée gratuite
Le Scouëzec – Montparnasse ». Éditions Palantines. 35 €.











