Dessous De Songs HermineHermineHermineHermine

Si l’on connaît la chanson que sait-on de son histoire ? Dessous De Songs, écrits à six mains nous perce les mystères de ces airs qui nous traînent dans la tête depuis toujours.

Dessous De SongsNote : 4 sur 5

Biographe de Bashung, et fan, Marc Besse sait aussi tout de Noir Désir. Co-fondateur des Inrockuptibles vivant de l’autre côté de la Manche, Jean-Daniel Beauvallet a rencontré presque toutes les rock stars (il en manque toujours à un palmarès) de ces trente dernières années. Alors que Jean Fauque n’a fait que poser des mots sur les mélodies de Bashung et Johnny, Jacques Dutronc et Vanessa Paradis. Ceci pour la partie CV.

Les trente-et-une histoires, deux de plus et ça aurait fait un album, sélectionnées ici sont des tubes que tout le monde connaît : « Suzanne » de Leonard Cohen, « Ziggy Stardust » de David Bowie, « Le Sud » de Nino Ferrer ou encore « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division.

Cela commence avec l’un des épopées les plus fascinantes et incroyables qui soient, l’histoire de « Lili Marleen » de Marlène Dietrich. Chanson de clôture des programmes pour la radio militaire Allemande à partir de 1941, une idée du lieutenant Heinz-Karl Reitgen, c’est devenu l’hymne non-officiel de la Wehrmacht, LA chanson d’amour ultime. Erwin Rommel est à ce point subjugué qu’il la fait diffuser massivement, en gros, toute la journée soit à plus de trente-cinq reprises.

A ce moment-là cette air a déjà une trentaine d’année, poème de Hans Leip écrit en 1915 mis en lumière par la chanteuse de cabaret Lale Andersen, en fait il y a deux femmes en une, Lili la nièce de la logeuse de Hans et Marleen l’infirmière qui lui a décroché une flèche en plein cœur. Elle ne sera gravée dans la cire qu’en 1939. Propagande nécessaire, le général Rommel demande à Lale Andersen d’en enregistrer aussi une version en anglais pour saper le moral des troupes britanniques.

Mais la version qui nous intéresse ici est celle de Marlène Dietrich, une actrice anti Allemagne nazie ayant trouvé refuge aux Etats-Unis dés 1939. Elle se réapproprie d’abord le titre « Lili Marleen » devient « Lili Marlene », et la conclusion de l’histoire : le soldat qui meurt dans la version originelle survit et revient vers sa douce. Marlène Dietrich conclut son tour de chant de 1945 chaque soir avec cette mélodie comme un défi à l’Allemagne et un hommage à la victoire qui s’annonce. Une fois la guerre terminée, la version en anglais est vite enregistrée, c’est un succès, mais Marlène Dietrich a un autre compte à régler. Elle veut se réapproprier pleinement ce symbole et la graver en allemand, d’ailleurs elle ne l’interprète plus qu’ainsi.

En 1961, lorsque un mur s’érige en Allemagne, de l’autre côté c’est l’hymne interdit, l’œil du Diable en provenance de l’Europe de l’ouest. Un étendard resté intact, symbole de liberté que les communistes sont en horreur. John Steinbeck en personne écrira : « Lii Marleen est la seule chose que l’Allemagne nazie ait apportée au monde ». Et dire qu’au début ce n’était qu’un poème…

Voici ce que nous propose cet ouvrage, des épopées et tranches de vie incroyables et haletantes, il y en a trente-et-une.

« Dessous De Songs – Dans le secret des hits légendaires » par Marc Besse, Jean-Daniel Beauvallet et Jean Fauque aux éditions Ring – 384 pages – 20€

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