L’enfer du décor : Ferré HermineHermineHermineHermine

C’est un livre pour ceux qui ont peu de dieu et encore moins de maître. Et qui ont, adolescents, quand tout pousse aux excès et que si peu retient, écouté Ferré en boucle, comme un dieu de colère et un maître en révolte !


L’enfer du décor : Ferré

Comment ce livre de celle qu’il a élevée au milieu d’une ménagerie retorse peut-il nous concerner? Parce que l’île Du Guesclin n’est pas si loin ! Qu’on est nombreux à s’être baqué face au Fort en se doutant qu’il s’en était tellement passé là dedans, des vers et des pas mûres. Photos nombreuses à l’appui !
La mémoire et la mer ont des ressacs qu’Annie Butor ne met pas tous dans le même sac ! Fille de Madeleine, l’égérie, l’imprésario, la femme tant aimée, la muse, celles des vaches maigres et des sempiternelles nouilles à la sauce tomate. C’est sa mère Madeleine à qui Annie Butor rend ici le juste hommage. Elle montre son rôle primordial, ses conseils depuis le balai coincé entre deux chaises pour ressembler à un micro devant lequel le grand Léo n’est pas si fiérot  jusqu’à la scénographie du poing levé, dans le noir, le rideau de l’ABC ou de Bobino à peine levé.
L’auteure décrypte une folie conjugale, conjuguée au verbe Pépée câlinée, adulée, enfanroitisée et tombée de son arbre, « gardénalisée ». Le livre passe à la moulinette tous les racontars, les légendes, les vilains procès qui ont résonné entre Perros-Guirec, le premier château et la Côte d’Emeraude. L’auteure aurait pu brûler dans l’alcool de sa mère désespérée et de son beau père dont l’insensé a nourri tant de textes sublimes.
Annie Butor nous confirme que les grands sont minuscules, minables même. Ferré est pleutre, il fuit ce qu’il a semé. Son anarchie devenant un rapport à la vérité qu’on peut à sa guise bousculer.
Le livre renoue les fils sans que les ruptures soient moins violentes ni entachées. L’amour a été si brûlant dans cette Bretagne que les amants turbulents aimaient tant. Solitude, varechs et dunes compris !
Les chansons résonnent autrement, existentiellement dans ce livre d’Annie Butor où le chanteur monégasque s’avère breton car, après les pâtes, « en Bretagne il y a toujours la crêperie d’à côté ». Les crêpes ont parfois le deuil triste !

Les éditions Phébus

Annie Butor, Comment voulez-vous que j’oublie.., Phébus 205 pages, 17€

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