De la conversion définitive de Diam’s à l’Islam au clash Booba vs La Fouine qui font les gros titres de l’actualité, on en oublierait presque que le rap est d’abord une musique, c’est ce qu’essaye de nous rappeler Olivier Cachin dans son livre « Les 100 Albums Légendaires Du Rap ».
Un livre déjà sorti en partie, sur label Scali en 2006, mais depuis longtemps épuisé, et très largement modifié (pas d’augmentation impossible puisque la jauge est fixée à 100) qui propose donc l’histoire du rap à travers ses principaux (et indispensables aux yeux des amateurs) albums.
On peut remarquer que les premières pierres semblent définitivement posées pour l’auteur, à savoir que le rap est né avec l’album des Last Poets en 1971 « This Is Madness », un disque manifeste. Suivent Rudy Ray Moore, Dolemite au cinéma, et ses histoires de cul, Joe Bataan et Sugarhill Gang, sans doute les plus connus du grand public à cause de leur hit « Rapper’s Delight » mais selon Olivier Cachin : Un trio d’imposteurs. L’écriture est limpide est brillante, elle passe en détail la petite histoire laissant parfois de côté l’analyse musicale à proprement parler, ce qui ne donne qu’une envie : chercher sur YouTube les vidéos correspondantes pour compléter la lecture de cet ouvrage et entendre réellement de quoi l’on parle.
Tous les grands noms sont présents, de NTM à IAM en passant par Keny Arkana ou MC Jean Gab’1, en passant par les américains Eminem, 50 Cent, Snoop Dogg, Jay-Z, 2pac ou De La Soul et les reproductions des pochettes d’excellentes qualités. On peut lire les chroniques en piochant ici ou là, au gré de ses affinités ou envies, on peut les prendre à rebrousse-poil, ou plus scolairement, en commençant par le début. Comme la quatrième de couve l’explique : « Le rap est une musique sauvage, malpolie, brutale, choquante, c’est aussi la dernière expression poétique et lyrique d’une pop contemporaine qui a abandonné l’utopie pour s’installer dans la routine. »
A cause de l’actualité on regardera ce qui est dit de Sexion d’Assaut, la meilleure vente de disque en France 2012, 600.000 copies : pas d’apologie de la rue ou de la drogue, des titres conçus comme des chansons à part entière avec des refrains mémorisables… La chanson comme avenir du rap, se sera sans doute l’objet d’un futur ouvrage de MC Cachin.












