« S’il y avait eu des groupes faisant ce qu’on avait envie d’entendre, on se serait peut-être contenté d‘acheter des disques… » Ce serait donc toujours la même histoire, l’histoire d’une frustration.
Groupe phare du mouvement punk tricolore, Métal Urbain est le seul dont la réputation a réellement franchi les frontières, et il n’est pas interdit de penser qu’anglo-saxons, ils seraient directement rentrés dans la légende par la grande porte, au même titre que Suicide ou Throbbing Gristle.
Car les Métal Urbain avaient un son synthétique, issu d’un clavier et d’une boîte à rythmes mais surtout une manière de s’en servir qui ne ressemblait à rien de connu. Insoumis dans l’âme, leur son futuriste était unique et provocateur car très minimaliste, conjugué à une attitude rebelle, il personnifiait les quatre lettres du punk à la perfection.
Mots forts et rythmes agressifs, ça marche aussi dans l’autre sens mots agressifs et rythmes forts, ils ont tracé la voie d’un rock révolutionnaire, apocalyptique. Il n’y a qu’à écouter « Panik » ou « Hystérie collective » pour s’en convaincre. Les Français n’y ont d’ailleurs pas compris grand chose, et ce sont les Anglais de Rough Trade qui leur permirent de continuer à enregistrer une poignée de titres. Métal Urbain reste la première référence de ce label qui accueillera Buzzcocks, Smiths, Libertines et Strokes !
Trente-cinq ans plus tard, et après un come back au début des années 2000 avec disque à la clé, l’âme du groupe Eric Debris nous raconte l’histoire, son histoire, de manière parfois anarchique (on ne sait pas toujours qui raconte mais c’est voulu et ça n’entrave pas la lecture) de ce groupe météorite.
C’est bien évidemment passionnant pour qui s’intéresse aux années 70, à la contre culture en ces années hippies en général et à la naissance du mouvement punk en particulier. Ovidie porte l’œil de la fan, et a fait plonger Eric dans ses souvenirs les plus intimes pour nous livrer l’histoire définitive de ce groupe culte que les Américains nous envient, la preuve c’est Jello Biaffra qui a signé la préface.
Les musiciens Zip Zinc et Herman Schwartz participent et s’il y a presque 400 pages, c’est que sur chaque page gauche il y a une illustration.
Metal Urbain : Un Bon Hippie est un Hippie Mort par Ovidie & Eric Debris aux éditions Camion Blanc – 408 pages, 34€












