L’évolution est à la fois ténue et profonde. Les gwerz sont toujours à l’honneur, mais avec un regard tourné vers la mer qui donne à ces chants marins des couleurs jusque-là inexplorées. Et ce grâce à l’univers unique du breton qui une nouvelle fois a laissé tomber son patronyme Prigent. La marque d’un changement que Denez offre à son public à travers 15 titres chantés en français et en breton. Du chant traditionnel aux chants de bords, des ballades aux ronds de la côte, chaque morceau marque au fer rouge notre héritage maritime. L’Armor est en fête. L’ouverture de l’album « La Tramontane » donne le ton avec une approche presque faubourienne de sa reprise du classique de Michaël Yaouank, figure des chants marins. La clôture est tout autant – presque – étonnante puisqu’il s’agit d’« Amsterdam » de l’iconique Jacques Brel. De la mer du nord aux Marquises, un autre homme de la grande bleue qui aimait la Bretagne et un de ses poètes : Glenmor. Sur ce « Chant des sept mers », Denez s’autorise donc quelques diversions qui ne l’éloignent cependant jamais de ses gweriou et de notre bonheur. Si les musiciens venus l’épauler sont nombreux, notons la présence de Robin Foster et de Romain Dubois de Fleuves. Côté instrument, le Saz Turc joué par Antoine Lahay fait des merveilles sur « Plac’h an dourdu ». Le 13ème opus de Denez fait donc briller et résonner les chants marins en les immergeant dans son univers unique et féerique. C’est le plaisir d’une vraie l’immersion comme seul le natif du Haut-Léon en a pris l’habitude.
Hervé DEVALLAN
Denez « Toenn-vor » (Artfolk)












