Clay part à la recherche de sa femme disparue et qu’il pense avoir vue dans un film dans le rôle d’une maîtresse SM. Au cours de sa quête, il va croiser des policiers détraqués, une secte sous le joug d’un gourou psychopathe mais aussi une étrange jeune femme dont la mère est nymphomane…
Pour les amateurs de BD indépendante américaine, Daniel Clowes est un maître incontesté. A l’instar de Charles Burns, il façonne, au gré de ses livres, une œuvre dense et fascinante oscillant entre SF, fantastique, drame intime et étude de la condition humaine. Aujourd’hui, les éditions Delcourt proposent aux lecteurs de redécouvrir l’un de ses premiers ouvrages, à savoir Comme un gant de velours pris dans la fonte, sorti en 1993 aux Etats-Unis. Et on ne peut que saluer cette initiative tant ce roman graphique est un sommet de la BD underground et alternative. Clowes nous entraîne dans un trip visuel singulier peuplé de personnages tous plus bizarres et déglingués les uns que les autres. L’auteur, en effet, ne se refuse rien et laisse libre cours à son imagination débordante. De l’homme qui souffre d’infection oculaire et qui a mis ses yeux à congeler pour les remplacer par des crustacés à la mère nymphomane qui tient sa fille sous son emprise, en passant par des flics ripoux adeptes de l’ultra-violence….Les rencontres qui ponctuent la quête du malheureux héros semblent tout droit sortir d’un film de David Lynch, l’auteur avec son noir et blanc très 50’s et son trait précis parvenant à façonner un univers étrange et cauchemardesque. Bref, voilà un classique du 9e art que tout amateur se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie.
A noter : Parallèlement à la sortie Comme un gant de velours pris dans la fonte, les éditions Delcourt réédite Ghost World, l’un des plus gros succès de Daniel Clowes.
Erwan BARGAIN
Comme un gant de velours pris dans la fonten. Scénario et dessins : Daniel Clowes. Editions Delcourt, 144 pages, 19,99€.












