Websérie solidaire. Le Repère met en scène les MJC et leurs adhérents. En tournant la saison 2 en Bretagne Pays-de-la-Loire, les dix nouveaux épisodes rassemblent une nouvelle fois bénévoles et professionnels. Un brassage dont le réalisateur Raphaël Médard est à l’origine et qui fonctionne à merveille. Rencontre.
Comment est né le projet Le Repère ?
Raphaël Médard : Je suis issu du monde associatif des MJC. J’y ai passé 20 ans de ma vie. En parallèle, j’avais une activité dans le cinéma. Ma place était naturellement dans le cinéma social et solidaire. Ce qu’on peut résumer en disant que c’est l’exigence du cinéma au service des amateurs. Le tout afin de permettre à chacun de mettre la main à la patte et de construire de jolies choses.
L’autre idée était de valoriser les MJC. Des structures qui travaillent « l’humain ». Cette relation entre les gens est assez difficile à expliquer avec des mots. Je me suis dit qu’à travers une fiction, des scènes, des dialogues, on pourrait faire ressortir ce quotidien et les valeurs que portent les MJC.
La série est née quand ?
R.M. : Le projet est né il y a 3 ans. C’est une idée que j’ai proposé au Président de la fédération des MJC, Michaël Bouillon, qui est aussi directeur de la MJC Champagne-Ardenne. On est parti sur une première saison sur sa région avec neuf épisodes à la clé.
Quel est le moyen de diffusion ?
R.M. : Internet et donc Youtude. On présente aussi la série en projection.
Combien d’épisodes pour la saison 2 ?
R.M. : On est en train de les construire, mais normalement, il y en aura dix.
La saison 2 est la suite logique de la saison 1 ?
R.M. : Oui. On retrouve l’un des personnages, une femme, que l’on suit et qui se reconstruit au travers des MJC qu’elle va fréquenter.
Pourquoi être passé de la Champagne Ardennes aux Régions Bretagne et Pays de Loire ?
R.M. : Le projet est porté par la Confédération des MJC de France. On souhaite que ce soit un projet national. Juste après la Champagne Ardenne, la région Bretagne s’est immédiatement manifestée. Quinze MJC des deux régions (Bretagne et Pays-de-la-Loire, ndlr) se sont rapidement positionnées.
Quel est la répartition entre professionnels et amateurs ?
R.M. : On est trois professionnels : deux comédiennes, Lou Roussellet qui sort du TNP, Lorène Kerlo-Aregan et moi à la réalisation et à l’écriture. On accompagne les gens sur le plateau. Tous les autres sont bénévoles et amateurs aussi bien dans les rôles de comédiens qu’à la technique, voire à l’écriture. Ce sont des gens qu’on forme au fur et à mesure, en fonction de l’avancée du projet. Par exemple pour l’écriture, je suis arrivé avec le canevas de l’histoire, mais j’attendais l’identité de la MJC pour broder et finaliser le texte. C’est important de retracer la réalité et la vie de la maison.
Combien de bénévoles ont participé à la saison 2 ?
R.M. : 450 personnes dont certaines ont occupé plusieurs postes.
Il y a une bonne entente entre ces deux mondes ?
R.M. : Oui, ça se passe bien, même s’il y a des situations compliquées entre ces deux univers qui se confrontent et se découvrent. Les amateurs ne se rendent pas forcément compte du travail que représente un tournage. En fin de journée, ils s’aperçoivent qu’une minute de la série est le fruit d’une journée de travail. Pour le jeu d’acteur, on leur apprend directement sur le plateau. On n’a pas le temps de répéter. Ça se passe plutôt bien. Les comédiennes pros les accompagnent. Elles sont là pour eux.
Combien de temps à pris le tournage de la saison 2 ?
R.M. : On est sur une période d’un an avec 10 jours de tournage, des ateliers d’écriture, des ateliers de montage, etc.
Quel est l’objectif final de la série Repère ?
R.M. : Faire le tour de France complet et promouvoir l’action des MJC. Au fil du temps, on découvre des choses sur les MJC. On espère aborder d’autres thèmes non évoqués jusqu’à présent.
A terme, on pourrait voir la série en dehors d’Internet et des MJC ?
R.M. : Pourquoi pas dans certains festivals, car on rentre dans leur ligne. En revanche, sur les plateformes de streaming ou à la télé, non. Ils font la course à l’audience, ce qui n’est pas notre cas. C’est une industrie. Notre démarche n’est pas celle-là. C’est sûr qu’on aimerait être diffusé, mais ça reste compliqué, même si on a l’exigence du cinéma.
Des bénévoles ont ensuite été tentés par les métiers du cinéma ?
R.M. : oui, chez certains ça déclenche des vocations. Des enfants se disent que c’est peut-être un métier fait pour eux.
La série est entièrement financée par les MJC ?
R.M. : Oui sur la base de subventions ou de fonds propres. Il y a des appels à projet qui correspondent à ça. Au-delà de la démarche d’éducation populaire, c’est un vrai apprentissage pour les adhérents. Ils sont forces de proposition. Ils ont appris beaucoup de choses avec un beau résultat à la fin. La vocation de cette série est de montrer comment fonctionnent les MJC, leur travail au quotidien, le profil des gens qui fréquentent ces lieux, etc. Au final, les publics sont vraiment variés, des enfants de 8 ans aux papis de 80 ans. La dernière fois, on a travaillé avec un foyer d’insertion. Les filles ont joué, écrit, appréhendé la technique. D’habitude, elles étaient cantonnées au tri ou à la couture…
Ce mélange générationnel est plus facile à obtenir en Bretagne ?
R.M. : La Bretagne travaille beaucoup en réseau. C’est effectivement plus naturel. Mais le brassage intergénérationnel est fréquent dans les MJC. C’est ce qu’on veut aussi montrer dans la série. C’est la base.
Pourquoi être à cheval sur deux régions : Bretagne et Pays de la Loire ?
R.M. : Parce que la fédération de Bretagne vient de fusionner avec la région Pays de Loire. C’est tout récent. Ce projet permettait aussi à chacun de se connaître et d’échanger avec un projet un peu phare. Une bonne excuse pour se rencontrer. Au départ, on voulait travailler qu’avec une seule MJC en Bretagne, mais le réseau a été dynamique. On a fait voyager notre personnage principal. Et ça a marché. La région Bretagne bouge vraiment. Les gens que j’ai rencontré sont top !
A quand la saison 3 ?
R.M. : L’année prochaine. Certaines régions sont en lice pour accueillir le tournage. C’est en cours de négociation. Mais la crise est là. Il faut d’abord trouver le budget.
Propos recueillis par Hervé DEVALLAN
Episodes à venir que la chaîne Youtube Le Repère https://www.youtube.com/channel/UCTETyQF3_gbeYSeoFIb4VrA
Le 21/10 : Episode 5 à Scaër et Servon sur Vilaine
Le 28/10 : Episode 6 à Servon sur Vilaine
Le 04/11 : Episode 7 à St Brieuc et Bréquigny
Le 11/11 : Episode 8 à La Bouvardière
Le 18/11 : Episode 9 à Trégunc
Le 25/11 : Episode 10 à Douarnenez












