La sortie d’un livre de Dave McKean est toujours un évènement. Raptor, son dernier ouvrage, ne fait pas exception à la règle et démontre une fois de plus que l’auteur britannique est bel et bien un géant du 9e Art.
Grandiose, vertigineux, fascinant, puissant…Les qualificatifs ne manquent pas pour définir Raptor, le dernier ouvrage du génial Dave McKean. Connu notamment pour ses collaborations avec Neil Gaiman (Sandman, Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges…) mais aussi pour avoir signé, en 1989, avec Grant Morrison, Arkham Asylum, l’un des comics les plus prodigieux de l’Histoire de la BD, McKean revient aujourd’hui avec ce nouveau one shot complexe et envoûtant qui laissera de nombreux lecteurs bouche bée. Le récit, labyrinthique, nous propose de découvrir, en parallèle, les destins de deux héros : Sokol, un chasseur de monstres évoluant dans un monde féodal et vendant ses services aux plus offrants, et Arthur, auteur de contes fantastiques qui, au XIXe siècle, au Pays de Galles, ne parvient pas à surmonter la perte de son épouse. Tous deux ont pour point commun de vivre entre vérité et faux-semblant, entre réalité et fiction et d’être dénués d’illusions. Porté par un langage soutenu et érudit, l’histoire parle de la vie, de la mort, mais aussi du processus créatif et de la fine frontière séparant réel et imaginaire. Le tout est porté, comme toujours avec McKean, par un univers graphique exceptionnel qui mêle les techniques (peinture, dessins, photos, collages, etc.) et qui donne naissance à des planches immersives à souhait. En résulte un nouveau chef d’œuvre de l’artiste britannique, chef d’œuvre qui, certes, paraîtra, au début, un peu difficile d’accès aux yeux de certains mais qui, à l’arrivée, marque durablement la rétine et l’esprit.
Erwan BARGAIN












