Avec sa femme, Stéphane Gerveau a lancé à l’été 2020 la marque de cosmétiques Bienvenue en Bretagne avec deux eaux de parfum haut de gamme baptisées en clin d’œil à la Bretagne : Triskel plutôt destiné aux hommes, et Hermine visant plutôt une clientèle féminine. Explications avec l’intéressé… Qui vit à Auray, à moins de 10 kilomètres de l’Océan Atlantique.
Comment vous est venue cette idée de lancer ces deux eaux de parfums, baptisées Triskel et Hermine, dédiées à la Bretagne ?
Stéphane Gerveau : Ce n’est pas arrivé sur un coup de baguette magique mais après un long processus. Je suis originaire du sud-ouest et ma femme, Anne, est bretonne, d’Auray. Nous nous sommes connus à Bordeaux, en suivant nos études à l’INSEEC. Nous cherchions une idée pour rester en Bretagne où j’avais eu la sensation d’être vraiment super accueilli quand nous sommes venus nous y installer en 2007 (Stéphane était directeur commercial à La Poste pour les départements 56 et 29). L’idée d’une eau de parfum représentant la région nous est venue en pensant à tous ces touristes (13 millions de visiteurs par an) et ces Bretons qui reviennent sur place, et ont envie de repartir avec un petit bout de Bretagne.
Vous n’êtes pas parfumeur, comment avez-vous élaboré ces fragrances ?
G. : Nous ne sommes pas une grande marque, nos moyens financiers sont limités. On a donc débuté avec les moyens du bord… Avec ma femme, et des amis que nous avons rassemblés, nous avons établi une liste de critères et nous sommes allés ensuite logiquement à Grasse, la Mecque des parfums, pour rencontrer des nez et leur soumettre notre cahier des charges. Ces maîtres parfumeurs ont à disposition une palette de 800 essences pour créer quelque chose de nouveau, d’original. Ils nous ont proposé une quinzaine de jus différents pour ce qui allaient devenir Triskel et Hermine. Pour Triskel par exemple, nous voulions que l’on y retrouve la mer, de la pierre, la forêt de Brocéliande, du galet mouillé, et beaucoup de structure.
Quelle est dans vos souvenirs la première odeur qui vous ait marqué en arrivant en Bretagne ?
G. : Celle de l’iode. J’y associe des mots comme force, authenticité, humilité mais aussi liberté.
Ce n’est pas la première fois qu’un parfum se réclame de la Bretagne…
G. : C’est vrai mais c’est la première fois que tout les constituants d’une eau de parfum, et le savoir-faire, sont à 99 % bretons. Pour les shampoings douche que nous déclinons autour de Triskel et Hermine, l’eau vient de mer d’Iroise par exemple. Les matières premières proviennent aussi de Guérande, de l’île de Molène ou de la forêt de Brocéliande. Et nous nous sommes appuyés sur le savoir-faire en cosmétologie marine du laboratoire Ocealys à Plouzané dans le Finistère.
Avec la pandémie, comment fonctionnez-vous et quels sont vos objectifs ?
G. : Nous nous concentrons sur cinq produits avec l’eau de parfum Hermine qui se décline en shampoing douche et aussi en lait pour le corps, et l’eau de parfum Triskel qui a aussi son shampoing douche. Avec l’approche des fêtes, nous espérons toucher la clientèle que nous visions via notre site ou nos partenaires même si la pandémie perturbe nos projections. Après, nous avons des demandes pour fabriquer des bougies parfumées, et aussi de collaboration avec des hôtels et des thalassothérapies dans la région. Nous verrons… Pour le moment, nous nous appuyons pour notre communication beaucoup sur le numérique avec une dizaine d’influenceurs et d’influenceuses bretons à qui nous avons envoyé nos produits pour test.
Et vous projetez déjà de lancer d’autres parfums estampillés Bienvenue en Bretagne ?
G. : Pas pour le moment. Il faut au minimum deux ans pour élaborer et valider une eau de parfum, et seize semaines pour un cosmétique. Pour l’instant, nous nous concentrons sur nos deux eaux de parfums originales. Nous pensions qu’Hermine destinée aux femmes se vendrait mieux que Triskel mais pour le moment les deux rencontrent le même succès.
Propos recueillis par FRÉDÉRICK RAPILLY
Pour se renseigner ou commander Triskel et Hermine : www.bienvenueenbretagne.bzh











