Mener des entretiens aux long cours, Grégoire Laville connaît. L’essai avait déjà été transformé avec « son » Da Silva. Le Dominique A est tout aussi passionnant. La différence ? Le recul et la profondeur de Dominique A, une culture de la vie et de son métier qui laissent immédiatement apparaître une personnalité attachante et captivante. Beaucoup plus joyeuse que ses chansons. L’inverse – ou presque – de l’écrivain qu’il est aussi. On peut aimer l’un et ignorer superbement l’autre. Mais l’homme défend des valeurs qu’on aime partager, humaines et discrètes, sensibles et solides à la fois. Bref, on envie les 10 heures d’interviews de Grégoire Laville en terrasses d’un café ou au fond d’un bar. Et toujours à Nantes. Car oui, le chanteur préféré des bobos parisiens habite en Bretagne. Loin de Paris.

Les différents ouvrages commis par Dominique A dévoilaient déjà sa personnalité avec des livres hautement autobiographiques. Le jeu des questions – réponses est un autre exercice qui laisse filer d’autres pensées et croise la route d’autres amitiés. On comprend ainsi les connivences – et plus – avec Christophe Miossec et Philippe Katerine. Un breton et un vendéen. La fidélité a ses musiciens, ses techniciens, ses producteurs… Et finalement, la construction et la logique de son parcours. De son métier. Et de collaborations audacieuses (Calogero, Jane Birkin, Yann Tiersen…) en disques intelligents, Dominique A se laisse apprivoiser. Le collectionneur de BD a fait le choix de la vie. Chapeau bas.

Hervé DEVALLAN
« Dominique A, Solide » entretiens biographiques avec Grégoire Laville aux éditions Locus Solus, 224 pages, 17€

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