Fin des années 70. Philippe d’Anière crée avec quatre amis lyonnais l’un des groupes rock qui révolutionnera la scène musicale française : Starshooter. Après le succès de son autobiographie, « Pressing », voici « Chroniques d’un confiné », son deuxième livre publié en six mois. Le premier racontait sa vie. Celui-ci narre ses agacements.

« 21 avril 2020
Une amie m’a envoyé un long message amical, où elle m’expliquait que sous mes apparences provoc, je devais être un homme malheureux. C’est très français cette attitude. Aux USA, surtout quand on vote Trump comme moi, on ne se pose pas ce genre de questions. Les gens heureux c’est les héros blancs chrétiens de plus de cinquante ans, comme moi ; les malheureux c’est tous les autres, surtout s’ils sont migrants, gays, femmes, muzzs ou noirs. »

Chroniques d’un confiné est un petit livre de 100 pages à peine plus épais qu’une bande dessinée dont la lecture nous projette d’emblée dans les secrets d’un esprit libre refusant toute compromission. Sieur d’Anière ne transige pas avec sa conscience mais avec ses tripes, c’est à dire avec son courage accoudé à une certaine idée de la morale : la sienne. Vous tenez entre les mains la face cachée d’un homme qui se révèle être un travailleur impénitent doublé d’un esprit libre – Philippe d’Anière veut ce qu’il peut et se donne les moyens de l’obtenir – et d’un intellectuel subtile dévoré par sa passion de la connaissance, même sous ses formes les plus impures…

L’ex rockeur lyonnais devenu businessman angelin (de Los Angeles)a passé une partie de son confinement à écrire au jour le jour ses humeurs sur Facebook. Le résultat – dont on trouve ici la version non censurée – est une passionnante succession de scènes, tantôt cocasses, parfois cruelles, misérables et même scabreuses, ou défile tout ce que son esprit critique compte de personnages. François Hollande, Bill Gates, Emmanuel Macron, le professeur Didier Raoult, George Soros, Donald Trump, aucun ne lui échappe, tous épinglés par une gouaille de génie qui, mine de rien les observe, et consigne leurs faits et gestes d’une plume acerbe.

C’est avec un plaisir probablement égal à celui qu’on dû éprouver – toutes proportions gardées – les lecteurs des caustiques Roy Lewis ou Jonas Jonasson, que l’on découvre les états d’âme de Philippe d’Anière à travers ses chroniques percutantes, portrait d’un monde-Babylone qui n’en finit plus de se décomposer ; à moins, et ce sera mon hypothèse, qu’il ne s’agisse du texte d’un rocker persuadé qu’il n’y a rien de plus Rock & Roll que la vie lorsqu’elle arpège la mélodie du temps qui passe.

« 31 mars 2020
Le temps n’est plus aux « cheffettes » vegan, aux ministres de la théorie du genre, aux chochottes en bas résille à l’Élysées, aux effarouchements pudiques d’anciennes actrices petites cochonnes repenties, […] le temps est à la vraie vie et à la vraie mort par virus. »

Jérôme ENEZ-VRIAD

Chroniques d’un confiné (version non censurée), un livre de Philippe d’Anière – Pressing Editons – 100 pages – 11,92€

 

 

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Essai