On naît français et on devient breton. L’antienne n’est pas nouvelle, mais elle explique bien la difficulté à faire vivre un pays et une culture en territoire ennemi. Dans ce coup de gueule épistolaire qu’Yvon Ollivier  adresse à tous les bretons (ou presque), il s’interroge sur cette étrange relation que nous avons avec notre région. Déterminés à défendre notre identité singulière et éternelle, nous passons notre temps à trahir cet idéal en le méprisant au quotidien. La preuve ? Nos représentants si rapides à défendre le Gwenn ha du quand ils sont dans l’opposition sont tout aussi prompts à marcher sur le drapeau une fois au pouvoir. Étrange sensation qui marie impuissance et bêtise abyssale. Comme si du Guesclin renaissait de ses cendres à chaque élection.  Sans parler de la langue, de notre économie, de la Loire Atlantique, du nom des communes …. Les renoncements sont multiples. Mais l’espoir est là ! Il passera par l’écologie et les citoyens, loin de Paris, du CAC40 et des CETA en tous genres. Il se pourrait bien que ce soit la lutte pour la sauvegarde de notre planète qui replace le bon sens au centre de l’échiquier.  Un combat citoyen et local, environnemental et donc économique. La mondialisation va renforcer les anciennes frontières : celle des civilisations ancestrales qui, de l’Amazonie au Mont d’Arrée, défendent l’humain. Le temps joue en notre faveur. Ne perdons pas espoir et agissons.

Hervé DEVALLAN
« Lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne » d’Yvon Ollivier aux éditions Le Temps, 124 pages, 9.50 €

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