« Un café, une bière ou un tour du monde » : Vincent Prémel a fait les trois en y ajoutant 14 chansons pour habiller ses souvenirs.

Ce disque a mis 10 ans à voir le jour. Dix ans autour du monde que Vincent Prémel a arpenté guitare en bandoulière et sac sur le dos. S’il est revenu transformé, il n’est pas le seul. Son port du Légué, au pied de Saint-Brieuc, a lui aussi trouvé un second souffle. Simple repère pour pécheurs en mal de mer, ses quais sont aujourd’hui peuplés de bobos à la recherche du dernier bar branché. A moins que ce ne soit un restaurant étoilé. Pour le breton, le temps qui passe est synonyme d’une besace remplie de chansons ensoleillées. « Du rhum, des femmes » chantait Soldat Louis. Pour Vincent Prémel, il s’agit d’un peu plus que cela, de vraies cartes postales où les souvenirs l’emportent sur les images d’Epinal. Sa musique s’inspire des favelas d’Amérique du Sud, des âmes celtes de Galway, quand ce n’est pas une Asie fantasmée. Autant de chansons aux ritournelles éternelles et aux mélopées pour coin du feu. On se plait à l’imaginer devant un café, soleil rasant, séduire les touristes avec un répertoire désormais calibré pour tourner en Bretagne. Un tro Breizh pour second tour du Monde. L’important étant le chemin, bien sûr.
Hervé DEVALLAN
Vincent Prémel « Un café, une bière ou un tour du monde » (Barlavento Records) – 3/5












