Paris. Plus belle ville du monde. Dit-on. Celle du rêve et des cotillons où les touristes se bousculent par millions. Mais aussi celle des dossiers noirs. Ils s’accumulent par dizaines sur les bureaux des journalistes. Dans son livre-enquête : La Reine-maire de Paris, François Delétraz dénonce les abus de la gestion inconséquente du maire Anne Hidalgo.

Être maire de Paris, Londres, Berlin ou New-York, relève d’une charge essentielle. Il s’agit d’un rôle particulier qui engage, non seulement l’image d’une ville, mais aussi celle de ses habitants et, s’agissant de la capitale française, de la renommée du pays dans sa globalité. Cet emploi semble, hélas ! avoir échappé à madame Hidalgo. Ainsi, à force d’entendre les Parisiens furieux contre leur mairie, François Delétraz a-t-il eu l’idée d’investiguer sur le sujet. Son enquête relate un travail de 18 mois sur plus de 200 pages. Il y est question de circulation, d’hygiène, d’endettement, des fiascos Autolib’ et Vélib’ (voitures et bicyclettes en location), des impôts locaux, du logement social, de l’écologie, des deux-roues à moteur et à pédales, de l’accès aux musées, etc. Autant de constats négatifs auxquels s’oppose un travail de communication titanesque ficelé par « des adjoints qui veulent garder leur poste. » – (plus de 400 personnes travaillent au service com’ de Paris.)
Portrait peu flatteur pour Anne Hidalgo, le livre dénonce ses dérives, notamment budgétaires, car, non seulement la dette de la ville (8 milliards à ce jour) aura augmenté d’un milliard chaque année d’ici la fin de son mandat, mais Paris est de plus en plus sale malgré les 560 millions d’euros consacrés annuellement à son hygiène ; en outre, la facture de la Philharmonie est passée des 173 millions d’euros initiaux en 2006, à plus de 543 millions en 2015, soit une augmentation majorée de 300%. Pourquoi ? La faute à qui ? La mairie ne fournit aucune réponse probante.
L’image du maire de Paris est à ce point mauvaise que les auteurs ont fait appel à la société de sondages Odoxa pour réaliser une enquête d’opinion sur son mandat. Le moins que l’on puisse dire est que les résultats ne sont guère élogieux. Anne Hidalgo, 59 ans, première adjointe de Bertrand Delanoë de 2001 à 2014, et maire de Paris depuis 2014 sous l’étiquette du Parti socialiste, est surnommée « Hidaldingue » par les Parisiens. Un livre nécessaire tant il dénonce et accable objectivement ce qui n’est pas défendable : la trahison d’un électorat.
Jérôme ENEZ-VRIAD
La Reine maire de Paris, de François Delétraz, avec la collaboration d’Étienne Jacob et Yohan Blavignat aux éditions du Rocher, 227 pages – 16,90 €












