Le dernier livre de Grégoire Laville est consacré à Da Silva. On découvre – enfin – ce rennais d’adoption, lui qui aime tant se cacher pour éblouir.

Da Silva habite en Bretagne depuis près de 20 ans. Se sent-il breton ? « Non ». Mais il aime ce pays, ses couleurs, ses habitants… Suffisamment pour y avoir posé ses valises après ses expériences grégaires (Punishment Park et Venius Coma) du côté de Nevers où il est né en 1976. Une autre année caniculaire… Mais ça Wikipedia aurait pu vous l’apprendre. Ce que propose Grégoire Laville, c’est une rencontre intime avec l’artiste à travers une seule et longue conversation. Les filtres d’interprétation de l’auteur sont donc réduits et laissent Da Silva se livrer et revenir sur sa jeunesse et ses premiers rendez-vous avec le succès.
On découvre un homme torturé (mais c’est souvent las définition d’un artiste), solitaire (mais fidèle en amitiés) et surtout compteur d’histoire. Oui, Da Silva n’est pas qu’un simple auteur compositeur de chansons très recherché par ses contemporains (Jenifer, Hélène Ségara, Soprano, Enrico Macias…) c’est aussi un auteur de livres pour enfants. Une facette du personnage méconnue qui donne un peu de lumière à cette entretien sous-titré : « Il a souvent fait noir avant la nuit ». Les photos du livre réalisées par un autre rennais, Richard Dumas, ajoutent à cette ambiance sombre de l’ouvrage.
Au final, Da Silva ressort comme un homme apaisé mais toujours inquiet, ayant trouvé ses racines (la Bretagne), mais pas encore son pays. Peut-être parce qu’il n’existe que dans le cœur et l’esprit, loin de toutes administrations et représentations légales ?
Hervé DEVALLAN
Photos © Richard Dumas
« Da Silva – Il a souvent fait noir avant la nuit » de Grégoire Laville aux éditions Braquage Musique, 204 pages, 17€












