En 2009, le musée du Faouët présentait les œuvres de Micheau-Vernez (1907-1989). Aujourd’hui, Jean-Marc Michaud, conservateur en chef du patrimoine, présente une seconde monographie du peintre chez  Coop Breizh. La première étant épuisée. Un second rendez-vous augmenté de 240 pages (vs 120) et présentant une iconographie beaucoup plus abondante (380 visuels) dont 75 % environ sont totalement inédites.


Connu pour être un artiste pluridisciplinaire, Micheau-Vernez est avant tout un peinture. Des œuvres abondamment présentent dans l’ouvrage, dont de nombreux inédits. Car depuis 2009, de nombreuses  œuvres sont apparues sur le marché de l’art ou ont été signalées par leurs propriétaires à l’association R. Micheau-Vernez. Au total, quelque 500 nouveaux tableaux ont été référencés. Ces peintures appartenant souvent à la production des années trente et quarante qui, jusque-là, moins bien représentées.

Les carnets de l’artiste

L’auteur, Jean-Marc Michaud,  a aussi mis à profit la lecture des carnets que l’artiste. Des notes tenues pendant trente ans, de mars 1958 à novembre 1988. L’intéressé y a retranscrit des extraits de ses lectures sur l’art et, en particulier, a noté des propos tenus par des peintres célèbres avec lesquels il se sentait en affinité. Aussi, leurs déclarations ou leurs écrits entrent-ils singulièrement en résonance avec les préoccupations de Micheau-Vernez et, notamment, ses recherches sur la couleur. En se limitant à deux exemples, on pourrait ainsi citer Delacroix : « L’ennemi de toute peinture est le gris » ; et Matisse : « Une couleur n’est valable que par son accord avec la voisine. »

Les thèmes dans la peinture

À la différence du précédent, le nouvel ouvrage contient également une étude sur les thématiques abordées par Micheau-Vernez au cours de sa carrière, même si, aux yeux du peintre, « le sujet doit passer après l’effet de couleur ». On découvre ainsi successivement les tableaux de fleurs, les natures mortes, les paysages – souvent côtiers, le peintre ayant pratiquement passé cinquante années de sa vie au voisinage de la mer, principalement en Bretagne et dans le Midi – et donc les bateaux, mais aussi Venise et l’Orient, le cirque, le nu et, pour finir, l’art sacré et à caractère religieux. Tous ces sujets donnent lieu, avec le temps, à une véritable explosion de couleurs. Comme le disait Joan Miró, cité par Micheau-Vernez, « la beauté, ce sont des étincelles ».

La reconnaissance

Dans la conclusion, l’auteur fait également un point sur la redécouverte récente de l’artiste. Après avoir, comme nombre de ses pairs, été oublié après sa mort, Micheau-Vernez est aujourd’hui sorti de son « purgatoire ». Longtemps connu seulement pour ses faïences, il est à présent de plus en plus apprécié dans toute la diversité de sa production et, en particulier, en tant que peintre. De nombreuses expositions ont, depuis 2009, été organisées en Bretagne et au-delà, tandis que plusieurs de ses œuvres – des vitraux, notamment – sont désormais protégées au titre des monuments historiques. En 2009, un visiteur écrivait : « Il est temps que la Bretagne sache que Micheau-Vernez est l’un de ses plus grands peintres. » Plus largement, souhaitons que l’artiste trouve la place qui lui revient dans l’histoire de l’art du xxe siècle. L’ambition de ce nouveau livre est d’y contribuer.



« Micheau-Vernez (1907-1989) Alchimiste de la couleur » de Jean-Marc Michaud avec la collaboration de Mikaël Micheau-Vernez, aux éditions Coop Breizh, 240 pages, 35€

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