"Je ne me souviens pas de tout ce que j'ai fait … Mais généralement c'est écrit quelque part ". Cette phrase, signée Sir Mick Jagger, figure en bon préambule de Culture Rock. Une édition augmentée de 70 pages par rapport à la première sortie en 2011. La couverture est toujours plastifiée et tout-terrain, l'iconographie foisonnante et la formule encyclopédie permet des incursions faciles à tout moment. Trois questions à l'auteur Denis Roulleau.
Pourquoi une nouvelle édition ?
Denis Roulleau : Pour plusieurs raisons : tout d’abord, le tirage de la première édition était épuisé et le livre introuvable ou alors à des prix astronomiques sur le Web. Ensuite, il y a beaucoup d’entrées, auxquelles je tenais, que je n’avais pu intégrer dans la première édition pour des raisons de place (choristes, Country, Despentes, duos, femmes de, gangs, plagiat, science-fiction…). D’autres entrées déjà présentes en 2011 méritaient d’être complétées et développées (comics, Best, logos, producteurs, managers, festivals, fans…). Enfin, depuis quatre ans il s’est passé beaucoup de choses : le numérique a par exemple tout balayé sur son passage et changé la donne du Rock business : maisons de disques, streaming, concerts… ces sujets, qui étaient déjà traités dans la première édition, méritaient une grosse réactualisation et une plus grande exposition. La dimension politique et engagée du Rock également, avec les Pussy Riot et la censure par exemple. On voit avec les tragiques événements de ces derniers jours, que cette dimension « politique » est bien réelle et qu’elle ne plaît pas à tout le monde. Au final, cette édition 2015 compte 50 nouvelles entrées, près de 400 pages et plus d’une centaine de photos inédites.
Avez-vous déniché quelques infos inattendues ?
D.R. : Oui bien sûr, même si je connais bien le sujet qui me passionne depuis maintenant plus de 30 ans, on découvre toujours des infos. Ainsi Don Arden, le sulfureux manager de Black Sabbath et le père de Sharon Osbourne, la femme de Ozzy Osbourne. Celui-ci a démarré et touché le jackpot en publiant, sur les conseils de l’un de ses jeunes chercheurs de talent, le premier 45 tours d’un groupe inconnu. C’était The Animals avec The House of the Rising Sun en 1964. Or, ce jeune chercheur de talents n’était autre que Peter Grant, qui deviendra 5 ans plus tard le célèbre et non moins sulfureux manager de Led Zeppelin. Plus grand public et dans un autre genre, écoutez le titre « Eighties » de Killing Joke enregistré en 1984 et écoutez ensuite « Come as you are » de Nirvana enregistré en 1994, vous allez avoir une grosse surprise…
Sur la couverture figure le nom de Gilles Verlant qui est décédé en 2013. Ce livre est dédié à tout ce qu’il aimait, c’est une sorte d’hommage ?
D.R. : Gilles Verlant était le Directeur éditorial de la première édition. Son rôle était de relire mes écrits, d’avoir une vision d’ensemble que je ne pouvais avoir car complètement immergé dans l’écriture, de déceler les éventuelles répétitions, de rajouter éventuellement son grain de sel, etc. Cette réédition 2015 qu’il souhaitait ardemment a été réalisée dans le même esprit que l’édition 2011 et lui est dédiée. Il bénéficie également d’une entrée spécifique, ce qu’il n’avait pas souhaité en 2011, ne voulant pas être juge et parti. Cette question ne se pose malheureusement plus. Cette mention « Gilles Verlant présente » est plus que contractuelle, c’est effectivement un hommage à ce grand Monsieur qui manque terriblement aujourd’hui dans le milieu.
Propos recueillis par Bernadette BOURVON
« Un bon rock-critique n’est pas journaliste dans le sens classique du terme. Dans les meilleurs cas il est hagiographe, blasphémateur, polémiste, enculeur de mouches, enlumineur, dépoussiéreur, amplificateur, prêcheur, militant,, etc. – n’importe quoi sauf journaliste. Ce qui ne l’empêche pas de bien faire son métier de journaliste. » Gilles Verlant
Culture Rock de Denis Roulleau aux éditions Flammarion – 29,90€.











