En plein désert, un homme sort de terre armé d'un bâton-tronçonneuse. Rapidement, il se trouve confronté à une horde de morts-vivants qu'il décime un à un avec la virtuosité des plus grands maîtres du Kung Fu. Filmée par une bande des jeunes, la vidéo de ses exploits se retrouve sur Ewe Tube. Mais peu importe le succès naissant, le Shaolin Cowboy doit avant tout éradiquer ces fichus morts-vivants!
Voilà une œuvre qui ne ressemble à aucune autre. Mais pouvait-il en être autrement de la part de Geof Darrow ? Né en 1955 dans l’Iowa, Darrow s’est fait connaître dans les années 80 avec La Cité Feu, réalisée avec Moebius, avant de cosigner, en 1990, Hard Boiled, avec Frank Miller. Parallèlement, il a mis ses talents au service du cinéma et en particulier des frères Wachowski pour lesquels il a réalisé une partie des story-boards de Matrix. Or, en dépit de sa renommée, l’artiste se fait rare tant et si bien que chaque nouvel ouvrage qu’il publie fait figure d’évènement pour les amateurs de BD US. Et The Shaolin Cowboy ne fait évidemment pas exception à la règle et confirme, si besoin est, que Darrow est bel et bien un auteur à part. Dans ce récit quasi muet mais orchestré de main maître, le dessinateur/scénariste marie avec maestria horreur, kung fu et influences Pulp et nous offre un album surréaliste où le sang gicle à toutes les pages et où les corps tombent comme des mouches. Ce macabre ballet est mis en image avec une telle vigueur, un tel sens du cadrage, du découpage et du détail qu’il emporte tout sur son passage. Ajoutez à cela la scène de massacre de zombie la plus longue et la plus délirante de l’histoire du 9e art et vous obtenez un one shot détonnant sur lequel plane l’ombre de Moebius.
Dessins et scenario: Geof Darrow. Couleurs : Dave Stewart. Editions Glénat (collection Comics). 19,95€.












