La transhumance des 270 000 festivaliers d'une scène à l'autre s'est achevée dans la nuit de dimanche à lundi. Le nouveau décor en palissades, les lanternes, les figures carnavalesques et les petits plats des grands chefs au Jardin, le voyage dans le champ a tenu ses promesses. Rien d'exhaustif n'étant possible, on aura choisi : le show très lamé de Nile Rodgers & Chic, la douceur subtile de Flavien Berger entouré de ses fantômes, le toujours fascinant Iggy Pop apparition fantasmagorique sous la pluie, la poésie bienvenue des compositions de Petit Biscuit.

Quatre jours en apesanteur entre envers du décor et instantanés à la volée.

Tout est pardonné. « Je voulais vous demander quelques conseils pour mon entrée en 6ème ». A la question du jeune garçon, pendant la conférence de presse, l’humoriste légèrement décontenancé a répondu « choisi deux ou trois matières que tu vas bien aimer. Et deux ou trois meufs aussi. » Le regard bienveillant de Jamel sur le futur collégien résume sa profonde humanité. Et pour cela on lui pardonne son manque d’inspiration lors de son show quelques instants plus tard.

Un concert pour deux. Seuls au monde, deux festivaliers devant l’écran de l’espace VIP pendant le concert impeccable et très smart de Tears for Fears. Avec Roland Orzabal et Curt Smith la wave est toujours aussi new.

Sur le ring. L’aménagement de la scène Gwernig donnait une vue circulaire des groupes qui s’y sont produits le jeudi. Les français Psychotic Monks totalement déchaînés nous ont plongé dans l’univers paradoxalement sombre et enthousiaste d’un rock à la peau dure qui nous a fait fondre.

L’absolue perfection du festivalier. Équipé pour une traversée de quatre jours dans le champ de Kerampuilh, on ne saura jamais qui est cet homme, étudiant son programme au carrefour de la scène Gwernig et Grall…

Poupée de son. Yonathan Gat & The Eastern Medecine Singers c’est l’alchimie improbable d’un guitariste et chanteur israélien et de trois Indiens d’Amérique. Virevoltant et faisant de sa guitare une partenaire de danse, Yonathan Gat met en scène sa musique aux influences cosmopolites. Et soudain comme tombée du ciel, une reprise de Poupée de cire, poupée de son de Gainsbourg. Sans doute le concert le plus surprenant de cette édition.

Chanteur de blues. Virtuosité de l’exécution et sobriété de la gestuelle, Ben Harper entouré de The Innocent Criminals a donné un concert hors du temps et de l’espace. Léger sourire aux lèvres, plaisir palpable de jouer à la maison – c’est quand même la quatrième fois qu’il vient à Carhaix-  et complicité savoureuse avec son groupe, tout était merveilleux.

Gendre idéal. Allure de félin et voix caressante, le beau Georgio a fait l’unanimité, toutes générations confondues. Il a tout pour lui, charisme, sincérité, simplicité et en plus – infos accueil artistes- il est d’une gentillesse remarquable et il mange bio.

« C’est maintenant mec! » C’est ce que s’est dit Di#se juste avant de monter sur la scène Grall soudain projeté dans la réalité. Artiste Label Charrues le chanteur quimpérois Désiré Eba Tolo a chaleureusement remercié la Sacem et l’équipe des charrues qui l’avait repéré puis accompagné ces derniers mois.

Casting de rêve. Celles et ceux qui avaient lu attentivement le programme étaient devant Grall dimanche dans la lumière rasante de fin d’après-midi. Au coeur de la création Lindigo Connexion, le mayola du groupe d’Olivier Araste. Du vénérable René Lacaille au bondissant Yarol Poupaud, le groupe de 14 musiciens et chanteurs n’a pas lâché l’affaire une heure durant.

Flamand rose. Bobby Gillespie co-fondateur de Primal Scream à Glasgow en 1982 en a vu de toutes les couleurs tout au long de ses presque 40 ans de carrière. Rock, post punk, dub, pourquoi choisir? De l’énergie, du politique, bref le fond et la forme pour un public averti qui n’a pas caché sa joie. On est reparti avec l’envie de s’offrir illico le costume rose flamboyant de Bobby. Bon d’accord, juste la chemise alors.

Allez bel été et rendez-vous dans un an à Kerampuilh du 16 au 19 juillet 2020 !

Bernadette BOURVON
Photos Jacqueline LEDOUX

Photo de Une : Le show énergisant de Muthoni Drummer Queen la chanteuse de Nairobi le samedi sur la scène Glenmor.

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