Troisième au classement général, mais deuxième sur la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne, Louis Burton sur Bureau Vallée 2, n’a pas volé sa place sur le podium de cette 9e édition du Vendée Globe. Le Malouin boucle ainsi avec les meilleurs son tour du monde en 80 jours et quelques heures.
Jamais un tel scénario n’avait encore été vu sur le Vendée Globe ! Mercredi 27 janvier à 20 heures 35 minutes et 47 secondes (heure française), Charlie Dalin a franchi la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne après 80 jours, 6 heures, 15 minutes et 47 secondes de course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Mais en raison des bonifications établies par le jury international du Vendée Globe suite au sauvetage de Kevin Escoffier, c’est Yannick Bestaven avec 10h15 d’avance au classement général qui a finalement remporté la victoire de cette neuvième édition après 80 jours, 03 heures, 44 minutes et 46 secondes de circumnavigation. Et que dire de l’extraordinaire performance du doyen de la course, le bouillonnant marin breton Jean Le Cam ! Au petit jeu des bonifications pour avoir participé activement au sauvetage de Kevin Escoffier et l’avoir recueilli plusieurs jours à son bord, le skipper de Yes We Cam ! 8e sur la ligne d’arrivée, prend ainsi la 4e place pour son 5e Vendée Globe (derrière Yannick Bestaven, Charlie Dalin et Louis Burton). Après avoir brillamment animé la course aux avant-postes le « roi Jean » est définitivement devenu aux yeux du grand public et de tous les amoureux de la mer le héros des déferlantes.
Marin aguerri
Troisième au classement général, mais deuxième sur la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne Louis Burton sur Bureau Vallée 2 monte donc sur la troisième marche du poduim. Une superbe place pour le skipper malouin de 35 ans qui couronne une quinzaine d’années de compétition à la voile et de course au large. Depuis 2010, date de sa première Route du Rhum en Class40, Louis Burton a enchaîné 8 transatlantiques et deux tours du monde en solitaire. En 2011, il participe à la Transat Jacques-Vabre avec son frère Nelson, à bord du voilier de la classe 60 pieds IMOCA Bureau Vallée, baptisé à Lorient la même année. En 2012-2013, le navigateur s’aligne au départ de son premier Vendée Globe à bord du même monocoque. Après quatre jours de course, le bateau est percuté par un chalutier au large du Portugal. Malgré les dommages causés au niveau du hauban, Louis décide de faire demi-tour vers les Sables d’Olonne pour procéder aux réparations et ainsi repartir. Mais la météo le contraint d’abandonner et il devra rallier La Corogne par la suite. Quatre ans plus tard en 2016-2017, il s’élance à nouveau à l’assaut de l’Everest des mers toujours avec le soutien de son fidèle sponsor Bureau Vallée et termine cette fois la course sur une très honorable 7e place. Marié à la navigatrice Servane Escoffier, fille de Bob Escoffier et cousine de Kevin Escoffier, naufragé sur le dernier Vendée Globe, il embarque le 5 novembre 2017 avec sa compagne pour la transat Jacques-Vabre à bord de l’IMOCA Bureau Vallée 2.
Burton qui détonne
Celle fois-ci le skipper de Bureau Vallée 2 aura fait preuve d’une détermination exceptionnelle pour surmonter nombre d’ennuis techniques et monter en tête de mât à trois reprises le long de l’île Macquarie dans le Pacifique Sud. Dans la nuit sombre du 27 au 28 janvier, malgré la pleine lune sur une grosse houle et un vent soutenu, Bureau Vallée 2 est revenu de son immense boucle planétaire en solitaire, amoché, amoindri par de multiples avaries mais toujours vaillant. A 00h45, Louis Burton franchissait la ligne d’arrivée devant les Sables d’Olonne épuisé mais hilare. Le Malouin aura mis 80 jours 10h25 min pour boucler les 24 354 milles du parcours théorique du 9e Vendée Globe à la vitesse moyenne de 12,62 nœuds. Il a en réalité effectué 28 649.99 milles à 14,84 nœuds.
Terminer dans le top 5
Le 8 novembre dernier, sur la ligne de départ l’objectif était clair : terminer dans le top 5. C’est chose faite avec brio pour Louis Burton qui a frôlé à plusieurs reprises l’abandon mais qui est parvenu à remonter dans le haut du classement. Depuis l’océan Indien où Bureau Vallée 2 naviguait en 2e position derrière Charlie Dalin, le skipper n’aura pas été épargné. Des soucis de pilote automatique et de chariot de grand-voile en tête de mât le contraignaient le 20 décembre à grimper à trois reprises à 27 m en haut de l’espar. Il repartait quelques heures plus tard, déterminé à rallier les Sables d’Olonne le plus rapidement possible. Le skipper de Bureau Vallée 2 s’est accroché et a grappillé place après place : de 11e dans le Pacifique Sud, il parvient à doubler l’équateur en pole position malgré des manœuvres de bascule de quille effectuée à la main.
Affaibli depuis l’Atlantique Sud
Dessalinisateur hors-service, hydro générateur bâbord également, incendie de l’armoire électrique générant d’importants soucis d’énergie, drisse de grand-voile sectionnée nette, pénurie de gaz donc de nourriture, Louis Burton a réussi à surmonter du mieux qu’il le pouvait les problèmes quasi quotidiens tout en maintenant une position en tête de flotte. Sa grand-voile réduite dont la drisse ne se manipulait plus aisément l’empêchait de manœuvrer idéalement depuis l’archipel des Açores : l’option nord fut obligatoire, faute de pouvoir empanner normalement. Au final, la course de Louis Burton a démontré un mental d’acier, une faculté de résilience incroyable et un immense talent pour parvenir à couper la ligne d’arrivée en 2ème position. « Je veux garder l’idée qu’il faut toujours s’accrocher à ses rêves, que rien n’est impossible », a dit sur franceinfo le skipper breton. Chapeau bas Mister Burton…
David RAYNAL











