L’été se finit, certes mais les beaux jours sont encore là, alors pourquoi ne pas partir à la découverte, joindre culture et balade ? C’est possible jusqu’en novembre dans trois lieux emblématique de l’art en Bretagne.
Première étape : Pont-Aven dans les pas de Gauguin

La « riviera finistérienne» déroule ses charmes au long de l’Aven et on comprend lorsqu’on se promène dans le « Bois d’amour » ou sur les berges au fil des moulins, pourquoi tant de peintre ont ici posé leur chevalet. La chatoyance et la vivacité des couleurs, la beauté des lumières, tout concourt à séduire les impressionnistes. C’est donc à cette école qu’Estelle Guille des Buttes, conservatrice du tout nouveau (il a été inauguré en juin 2016) musée a décidé de consacrer son exposition d’été.
C’est en 1886 que Gauguin effectue son premier séjour à Pont-Aven. Au même moment, Claude Monet, tout à la fois maître et précurseur des impressionnistes, séjourne à Belle-Ile-en-Mer. Gauguin est alors très influencé par Camille Pissarro, et, sous la férule de son maitre, crée ses premières œuvres dans le style impressionniste. Entre 1886 et 1889, les réflexions de Gauguin aboutiront à l’éclosion du synthétisme, auquel vont adhérer d’autres artistes avant-gardistes. Pour lui, le terme « Impressionniste » évoque avant tout la liberté farouche de créer. Dans ce contexte, l’exposition présente des œuvres plus impressionnistes que synthétistes d’Émile Schuffenecker, de Gauguin, à Tahiti, en 1895. Par la suite, les choix stylistiques de certains peintres de Pont-Aven oscillent entre impressionnisme et post-impressionnisme, parfois teintés de japonisme.
L’après Gauguin

La seconde partie de l’exposition évoque les œuvres des peintres du groupe de Pont-Aven qui ont décidés de prolonger leur séjour en Bretagne après le départ de Paul Gauguin. Parmi eux, Henry Moret, Maxime Maufra, Gustave Loiseau, Ferdinand Loyen du Puigaudeau. Certains approfondissent leur travail d’après la nature, en plein air, et reprennent ainsi le chevalet et les tubes de couleurs le long des côtes et à l’intérieur des terres. Ils se réapproprient les reflets et les irisations de la lumière de manière personnelle, dans des lieux géographiques différents. L’exposition dévoile des séries thématiques composées d’œuvres significatives d’Henry Moret installé à Doëlan, de Maxime Maufra qui a choisi la presqu’île de Quiberon, de Ferdinand Loyen du Puigaudeau qui réside au manoir de Kervaudu près de Batz-sur-Mer,ou de Gustave Loiseau, quatre artistes très appréciés des grandes collections anglo-saxonnes et étrangères du début du XXème siècle.
L’impressionnisme d’après Pont-Aven. Jusqu’au 5 janvier 2020. Place Julia. Pont-Aven. 02 98 06 14 43. www.museepontaven.fr/
Deuxième étape : Concarneau et le « Carré des Mousses »

Inauguré en 1961, le Musée de la Pêche est un lieu vivant qui offre un concept innovant et unique en Europe, explorer l’histoire des pêches à l’échelle mondiale et expliquer de façon pédagogique, technique de pêche et quotidien des marins. Aujourd’hui, afin de répondre à cet objectif de transmission, une nouvelle salle ouvre aux publics. Entièrement pensée pour les familles, elle accueille un ensemble de dispositifs interactifs et ludiques.
L’espace a été pensé en cohérence avec la collection permanente du musée et aborde trois grandes thématiques « en mer », « à terre » et « pêcher mieux ». L’objectif est de faire découvrir aux familles la vie d’un port de pêche actuel en testant les différents modules d’expérimentation. « Cap sur le port » initie ainsi l’enfant aux éléments de signalisation : feux, balises, indispensables à l’orientation des marins-pêcheurs. « Qui pêche quoi ? » met en correspondances le bateau, le poisson et l’outil. « De l’océan à l’assiette » permet aux plus jeunes de découvrir le parcours du poisson depuis l’océan jusqu’à sa consommation. Il y a aussi « A la criée » ou encore « Sac de nœuds », en tout sept différents modules d’expérimentation, tous adaptés aux enfants Un programme alléchant et instructif pour les petits comme pour les grands qui eux aussi iront de découvertes en découvertes !
Musée de la Pêche. Rue Vauban en Ville-close de Concarneau. Tél : 02.98.97.10.20. www.musee-peche.fr
Troisième étape : Le nouvel espace Tal Coat à Kerguéhennec

L’inauguration, cet été au 1er étage du château, d’un nouvel espace dédié au Fonds Tal Coat, permet au département du Morbihan de valoriser l’importante collection d’œuvres de cet artiste majeur de la seconde moitié du XXème siècle, collection riche de quelque 1200 pièces.
Au total, ce sont plus de 400 m2 qui seront aménagés au premier étage du château, classé monument historique et restauré au début des années 2000. Les huit salles du parcours, sont réparties en quatre séquences chronologiques, qui permettent de traverser 60 années de création : « faire-face » (1925-1935) et au « cœur du monde en devenir » (1936-1948), dans le corps central du bâtiment ; « la réalité mouvante des choses » (1949-1960), dans l’aile est ; « l’émergence des profonds » (1960-1985) dans l’aile ouest. Enfin, une salle thématique, est consacrée aux autoportraits, permettant de comprendre l’évolution de l’œuvre tandis que deux cabinets d’art graphique ponctuent le parcours : le premier est consacré aux dessins des années 30, le second aux gravures des années 70.
Le château retrouve ainsi toute sa place au cœurdu domaine et devient le lieuprincipal d’accueil des visiteurs. Désormais, les communs permettront la présentation d’expositions temporaires tandis que la sculpture conservera toute sa place dans les anciennes écuries. Un autre pavillon enfin, accueillera la présentation d’expositions d’architecture et de paysage. Il a été inauguré cet été avec la présentation d’un projet de l’architecte coréen Lee Hyun Jae, accueilli en résidence en 2016.
Domaine de Kerguéhennec. Bignan. 02 97 60 31 84. www.kerguehennec.fr
Françoise SURCOUF











