Avec « Tolosa », on plonge dans l’effroyable inquisition contre l’hérésie cathare, celle du XIIIe siècle, qui nous mène à Toulouse évidement mais aussi et surtout dans les collines du Lauragais qui conduisent vers Carcassonne. Et c’est un breton qui nous prend par la main au cœur de cette véritable épopée historique : le magistrat Yvon Ollivier.

Sous sa plume, on suit deux frères inquisiteurs, le dominicain Saint Albert, et le franciscain Paul, qui pourchassent, condamnent et brûlent les hérétiques à tour de bras. Mais au fil de ces massacres au nom de l’église romaine, leurs chemins vont se séparer.
Conçu comme une enquête policière, ce roman rappelle au fil des pages, des cachots et des châteaux, le célèbre roman d’Umberto Eco « Au nom de la rose », mais aussi par ses pérégrinations aux origines de la religion chrétienne, le « Da Vinci Code » de Dan Brown. Le bien n’est jamais à sa juste place et, chez Yvon Ollivier, finit par pervertir les âmes. « Je me suis toujours posé la question : mais à quoi peut penser un moine inquisiteur, élevé dans l’amour du christ, au moment où il conduit un hérétique au bûcher, ou au moment où il recueille les aveux sous la torture ? »
De façon beaucoup plus profane, c’est la mécanique des phénomènes totalitaires qui est ici abordée. « Je vois à cette époque un tournant. Pour la première fois, avant de donner la mort, on éprouve le besoin de déshumaniser. C’est le diable que l’on brûle, pas les hommes. C’est le stratagème de la pensée totalitaire. »
Et qui mieux qu’un breton pour évoquer la destruction d’une culture et d’un état ? « C’est ce que j’appelle le pouvoir des mots. Ce qui rejoint la Bretagne. Les mots détruisent… Pourquoi parle-t-on de « région », si ce n’est pour nier l’existence du peuple breton ? Pourquoi parler de « langue régionale » si ce n’est pour marquer l’infériorité de nos langues et les mettre à mort ? Nous sommes vaincus par les mots. »
Le magistrat Yvon Ollivier est aussi très bien placé pour décrire l’inquisition via le prisme du droit. « Les moines ont tout inventé ou presque… Le secret de l’enquête, la procédure inquisitoire avec les plein pouvoir à l’inquisiteur, le fichier de police… Toute la population était fichée…. Ils ont tout inventé ! » A l’heure de Noël, « Tolosa » nous invite à réfléchir autrement.
Hervé DEVALLAN
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