The Shins : « Port of Morrow » HermineHermineHermineHermine

Les Shins ont réussi ce dont tout le monde rêvait depuis que Lennon et McCartney se sont engueulés : exprimer en quelques chansons la nostalgie d'un monde révolu.

The Shins : « Port of Morrow »Note : 4 sur 5

En cette époque où tout un chacun se trimballe avec des centaines (milliers ?) de morceaux de musique sur son téléphone smart-pad-machin-truc, il est rare que l’on prenne le temps de s’attacher à un album entier. Celui-ci devrait réussir l’exploit de scotcher n’importe quel auditeur amoureux des mélodies qui fondent dans l’oreille et des arrangements étincelants, bref, de tout ce qui a fait que la pop music, depuis que les Beatles et les Beach Boys l’ont transcendée en un art jubilatoire, enchante nos vies quotidiennes.

Les Shins (traduisez « Tibias »…)  ne sont pas vraiment de petits nouveaux, puisque « Port of Morrow » est déjà leur quatrième album. Pas vraiment un groupe non plus, puisque James Mercer, leur lunatique leader, aime à changer d’accompagnateurs comme d’autres collectionnent les chemises. Découvert sur internet en 1999, ce vrai faux orchestre yankee, originaire d’Albuquerque, s’est vite fait remarquer par ses mini-symphonies aux vocaux cristallins et aux guitares carillonnantes.

Je défie quiconque aurait la curiosité de découvrir la chanson « Phantom Slim » sur l’album précédent (« Wincing the night away« ) d’être capable de résister à se la passer en boucle à n’importe quelle heure de la journée. Des qualités qu’on retrouve intactes sur ce nouvel opus, le premier depuis cinq ans, si l’on excepte les escapades anonymes de Mercer avec d’autres musiciens (notamment avec le producteur Danger Mouse).

Chœurs élégiaques, cordes agiles et synthés esthètes, ce disque foisonne de mélodies imparables (« Simple Song« , qui porte mal son titre, en est l’un des exemples ultimes) et de trouvailles sonores à faire frissonner même un fan distrait de Coldplay. Les Shins ont réussi ce dont tout le monde rêvait depuis que Lennon et McCartney se sont engueulés : exprimer en quelques chansons la nostalgie d’un monde révolu et la beauté intemporelle de la jeunesse. Chiche.

The Shins : « Port of Morrow » (Columbia)

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Pop