Américains ou anglais, The Bewitched Hands auraient déjà été en couverture de magazines prestigieux. Bretagne Actuelle présente leur dernier album.
Le côté chorale donne forcément une couleur très Arcade Fire, surtout lorsque le tempo va crescendo. Pourtant les Bewitched Hands ne cherchent à copier personne, encore moins à reproduire leur excellent disque, le désormais classique « Funeral », malgré le titre de ce second album qui pourrait le laisser envisager : « Vampiric Way ».
Nés en 2007 du côté de Reims, une ville jusque-là inexistante sur le grand échiquier du rock français (pardon pour les Lionceaux et Soggy), les Bewitched Hands appartiennent à cette génération spontanée, celle de Yuksek et des Shoes. Leur musique est un mix de déluge de guitares, il y en a trois, et de chorales plus ou moins organisées et consistantes, puisqu’ils peuvent aussi bien chanter à 2 qu’à 6. Autant dire que les Bewitched ne ressemblent à rien, et que même si l’on devine certains de leurs disques de chevet (Sparks, Talking Heads, Rita Mitsouko, Roxy Music, Beach Boys, Pink Floyd…) les résumer à une pâle copie serait ridicule tant ils ont réussi ce que d’aucuns essayent depuis longtemps, proposer une musique réellement originale. Seul bémol pour les amateurs de rock français, ce n’est justement pas chanté en français, sans doute trop tournés vers l’extérieur, et influencés par cette vague de groupe électro (de Daft Punk à Justice en passant par Air) qui s’est immédiatement vu dérouler un tapis rouge à l’international, les Bewitched ont préféré opter pour l’anglais. Il est vrai que de la prod’ aux mélodies, le groupe n’a rien à envier à personne, et surtout pas aux anglo-saxons. Il y a une maîtrise parfaite des montées en puissance et des retours sur mélancolie. On osera ici parler de pop symphonique tant leur disque vous prend aux tripes pour ne jamais vous lâcher, on en sort épuisé mais aussi rempli d’un sentiment de plénitude rare. Cet album est une pure merveille, et le plus malheureux c’est qu’on ne sait s’il arrivera jusqu’aux oreilles du public potentiel, car ils sont français (pire rémois), et parce que les médias français ont du mal à jouer de la musique intelligente et raffinée. Américains ou anglais, ils auraient déjà été en couverture de magazines prestigieux, mais il n’y a aucune raison pour que la bonne parole ne se propage pas. Elle commence ici.
Hervé DEVALLAN
The Bewitched Hands “Vampiric Way” (Sony)












