Dans la lignée des expérimentations de Cabaret Voltaire à ses débuts, et précurseur d’Einstürzende Neubateun, le groupe Test Dept sort d’un long silence pour délivrer un 14ème album toujours aussi noir, tourmenté et… curieusement dansant.

Le bruit, ça conserve ! Cela pourrait être la devise autant des Rolling Stones que de leurs collègues britanniques (et quand même un peu plus jeunes), les Test Dept (pour Test Departement). Après une longue mise en sommeil, ces activistes sonores orginaires des environs de Londres et très actifs dans les années 80 et 90 reprennent du service pour sculpter, modeler le fracas et le vacarme… Cela donne des morceaux carrément dansants et flippants comme « Information Care » qui pulse comme un 4×4 à la Mad Max lancé sur une autoroute et prêt à tout défoncer sur son passage, ou le tout aussi rentre-dedans « Landlord » sur lequel entre des percussions très marqués « industriel » percent parfois les éructations d’un « chanteur. » Le groupe ou plutôt le collectif, rassemblé autour du duo fondateur (Graham Cunnington et Paul Jamrozy), continue d’expérimenter, créant des titres tendus comme « Full Spectrum Dominance », prêt à exploser, ou des choses plus apaisés comme « Debris » traversé par quelques notes de pianos et une voix dans le lointain. Tout n’est pas forcément très marquant (« Gatekeeper », « GBH84 »…) mais l’album, solide et cohérent, impressionne par sa densité sonore. Le groupe est parti pour une tournée qui devrait passer par l’Amérique. Et la France ? « We’ll see ! »
Frédérick RAPILLY
Test Dept « Disturbance » (One Little Indian)
Rock Industriel – Cote d’amour = 75 %












