Un vent nouveau souffle sur la Bretagne. Du moins en ce qui concerne l’art contemporain. Car côté politique, même Paul Mollac est en difficulté… Reste donc la culture pour se réjouir d’un vrai renouveau symbolisé par l’exposition vente aux enchères Ar Seiz Avel qui présentera les réalisations de 55 artistes bretons du 7 au 11 juillet 2024 au Parlement de Bretagne. La vente ayant lieu dans la foulée Place des Lices à l’Hôtel des Ventes de Rennes, jeudi 11 juillet à 14h.
Pour ceux qui connaissent Rennes, la vente est donc à 5 minutes à pied de l’exposition. Mais pas question de déménager les œuvres le temps d’un déjeuner ! « Le Parlement est une cour d’Appel. On ne peut pas y faire acte de commerce » précise Carole Jezequel, Commissaire Priseur. « Depuis l’incendie de 1994, on peut y exposer car il s’agit d’œuvres patrimoniales. Une exception en France et une chance pour nous. »
La vente se fera donc sur photo et sur vidéo. « Tout comme le fut l’expo vente « Seiz Breur l’année dernière. » Quant aux œuvres, elles seront immédiatement déménagées et stockées dans un garde meuble où elles attendront leurs propriétaires. Un garde meuble conséquent puisque ce sont quelque 160 réalisations artistiques qui vont passer sous le marteau de la Commissaire Priseur.
Peintures, sculptures, gravures, mobiliers, modes, œuvres numériques… illustrent à merveille ce vent nouveau sur le domaine artistique breton. « Seiz Avel » porte bien son nom et le clin d’œil à l’autre mouvement de l’entre-deux guerres, « Seiz Breur » n’est pas usurpé. Une continuité d’esprit dans la façon de s’approprier la terre, le fer, le verre… Bref, les sept éléments à partir desquels les artistes se sont exprimés.
Le mouvement Seiz Breur a révélé chez pas mal de jeunes une conscience de le Bretagne

Paravent : Collectif Pevarzek
Une filiation qui va bien au-delà. « On va accélérer l’inspiration de nos créateurs. Après notre exposition sur le centenaire de Seiz Breur, on a vu beaucoup de jeunes venir à nous. » explique Carole Jezequel. « On avait déjà cette idée d’une expo vente contemporaine en Bretagne » reconnaît-elle. « Mais le mouvement Seiz Breur a révélé chez pas mal de jeunes une conscience de le Bretagne. Beaucoup ont d’ailleurs découvert à cette occasion le mouvement. Du coup, pour cette vente Seiz Avel, on a rédigé une charte pour que cette modernité des années 30 soit celle d’aujourd’hui. ».
Si la volonté des membres des Seiz Breur était de créer un art breton original aux côtés des mouvements français Art Déco et allemand Bauhaus, ici, c’est bien l’initiative de la vente aux enchères qui fait naître une telle dynamique. Chaque artiste isolé dans son atelier a pu se rendre compte qu’il n’était plus seul. « Nous avons reçu 90 dossiers » explique Elie Fièvre-Guivarch, chargée de mission pour la vente. « Désormais, tous ces artistes sont très impatients de se rencontrer ! Les plus jeunes sont nés en 2001 et le plus ancien est né en 1949 ! Les artistes confirmés côtoient ceux qui sortent de l’école. » poursuit Elie Fièvre-Guivarch. En revanche, « On n’a pas exigé qu’ils soient bretons. Certains viennent de l’extérieur. Mais ce qui nous a fait plaisir, c’est que maintenant, ils créent en Bretagne. Qu’ils soient bretons ou non. » explique Carole Jezequel. Elie Fièvre-Guivarch spécifiant que cette notion de rencontre était une vraie attente des artistes. « Ceci dit il existe déjà trois collectifs : cette tendance grégaire est dans l’air du temps. »

Tableau broderie velours : Mathias OUVRARD
Le principal problème concernant la vente d’œuvres d’artistes contemporains pour la plupart méconnu, reste le juste prix de départ. « L’estimation est haute. Ça leur a pris en temps de conception, de réalisation… Comme cette haute-couture bretonne, représentée par Nolwenn Faligot : je suis très fière qu’elle soit présente dans notre événement. C’est ce qu’il y a de plus beau en Bretagne actuellement. » souligne Carole Jezequel. « Je ne vous cache pas que le textile est très difficile à vendre aux enchères. Je ne sais pas où on va ! » Au final, les œuvres resteront abordables, de 200 euros à 30 000 euros en ce qui concerne une bague avec des pierres précieuses.
L’ensemble des œuvres proposées a été sélectionné par un jury de huit membres dont le journaliste Patrick Mahé ou Malo Bouessel du Bourg, ancien directeur de Produit en Bretagne, mais aussi une galeriste, la directrice d’une école d’Art, sans oublier Carole Jezequel elle-même. Ils ont noté les projets d’après quatre critères :
• conformité aux valeurs de la charte ;
• l’originalité ;
• la maîtrise technique ;
• l’attractivité pour la vente aux enchères.
Et restez jusqu’au bout de la vente puisqu’à la fin, seront proposées les œuvres de cinq artistes irlandais !
Hervé DEVALLAN
Vente Seiz Avel jeudi 11 juillet 2024 à 14h, place des Lices à l’Hôtel des Ventes de Rennes.
Exposition Seiz Avel du 7 au 11 juillet 2024 au Parlement de Bretagne à Rennes.











