L’histoire de la Bretagne fait partie des Grandes Migrations. Du IVème au Vème siècle de notre ère, les Bretons d’Angleterre et du Pays de Galles traversèrent la Mor Breizh (Manche actuelle) vers l’Armorique pour s’y installer. Ces nouveaux arrivants baptisèrent la péninsule armoricaine « Petite Bretagne ». Peut-on projeter ce qui se passe aujourd’hui en Méditerranée sur les migrations d’hier ?
Si certains d’entre nous devions définir notre patriotisme, sans doute serait-ce à travers quelques réserves caricaturales. Une question suffit pourtant à y réfléchir sans fausse nuance. Un pays est-il plus riche de ses terres ou de ses hommes ? Pour y répondre, souvenons-nous que la Bretagne actuelle s’est construite sur des élans migratoires, mais (restriction essentielle) ils furent indéniablement facilités par la proximité culturelle avec les Gaulois et les Francs.
Le problème est-il l’arrivée de migrants par millions
ou le réveil des nationalismes et autres populismes ?
Une certaine presse laisse à croire que le problème ne serait pas le risque de dissolution des cultures (régionales et nationales) dans l’invasion d’autres cultures qui ne souhaitent pas s’adapter aux pays accueillants ; le problème relèverait, selon ces journalistes, du fait que certains Français votent à droite, voire à l’extrême droite, pour des partis qui refusent cette immigration. Glissement électoral également observé dans de nombreux pays européens. En gros, le problème serait la résultante et non la conséquence. Seulement voilà ! A quoi faut-il s’attendre lorsqu’il n’y a plus aucun contrôle aux frontières alors que la richesse européenne fait face à la misère africaine ?
Les ONG sont devenues le négrier du monde moderne
Ne serait-il pas plus rapide et moins couteux, bref, plus simple pour tout le monde, d’acheminer ces migrants vers les côtes les plus proches ? La Tunisie. Le Maroc. L’Algérie. L’Égypte. Mais non ! Ces pays n’en veulent pas, bafouant par là-même les obligations maritimes les plus fondamentales d’accueillir tout vaisseau en difficulté au large de leurs côtes. Ils refusent même l’installation de centres de rétention alors que nombre de réfugiés sont leurs ressortissants.
Qui sont les bénéficiaires de ce fiasco migratoire ?
Ils sont nombreux. A commencer par les milliardaires de l’emploi qui souhaitent disposer d’une nouvelle main d’œuvre à bas coût. Les migrants font les vendanges, travaillent aux champs, ne sont pas regardant sur les salaires ni sur les droits sociaux… Parmi les bénéficiaires, citons également certains politiciens espérant disposer d’un nouvel électorat via des naturalisations de masse. Au reste, ceux qui nous dirigent souhaitent une immigration fluide afin de diluer les peuples dont le nationalisme identitaire est l’ennemi des profits internationaux. Il y a aussi, bien entendu, les différentes mafias de passeurs entretenues par l’étrange commerce des ONG dont personne n’est fichu de dire qui les subventionne, et à propos desquelles peu de journalistes s’interrogent quant à savoir comment elles entretiennent des bateaux de plusieurs millions d’euros. Qui est le propriétaire de l’Aquarius ? Qui est celui du Lifeline ? Qui se cache derrière les fondations d’aide aux migrants ? Plutôt que de poser les bonnes questions, cette presse (souvent propriété des milliardaires suscités) préfère affubler ceux qui ne pensent pas comme elle de fascistes gagnés à la cause des extrêmes.
Souvenons-nous qu’il y tout juste un an, été 2017, le procureur de Catane, Carmelo Zuccaro, assurait au journal La Stampa (centre-droit) détenir les preuves irréfutables de contacts, voire de liens financiers, entre des passeurs et certaines ONG. A cela s’ajoute d’incontestables rapprochements entre passeurs et réseaux islamistes. L’argent du trafic d’êtres humains, dont celui des réfugiés, sert entre autres à financer les armes du djihad.
Le droit maritime n’est plus respecté
Voici deux exemples qui interpelleront la culture maritime et péninsulaire des Bretons. Il s’agit de deux bateaux à trois semaines d’intervalle. Pour le premier, l’Aquarius, les autorités maritimes reconnaissent après-coup qu’il n’était pas dans une situation de détresse imposant l’urgence d’un appareillage portuaire. Pour le second, le Lifeline, c’est encore pire. Le commandant ne nie pas avoir débranché ses radars (acte strictement interdit par le code maritime international) afin de pénétrer sans risque les eaux-territoriales libyennes et d’assister des embarcations soi-disant en détresse, alors que c’était aux garde-côtes libyens d’intervenir, et non à des Occidentaux mal dégrossis de leurs réflexes coloniaux narcissiques.
En d’autres termes, les ONG vont chercher ces gens directement chez eux. Pour preuve, dans un rapport publié fin 2016, l’Agence européenne des Garde-frontières et Garde-côtes (Frontex) évoque une collusion entre les réseaux migratoires libyens et les navires d’ONG qui récupèrent les migrants en mer. Ainsi, depuis juin 2016, un nombre significatif de bateaux ont été interceptés par des vaisseaux d’ONG sans appel de détresse préalable. Ce qui, de fait, implique que les passeurs et les ONG communiquent et s’organisent. Un peu comme si les Américaines affrétaient des bus afin de ramener aux USA les Chicanos perdus dans le désert du Mexique.
A ce propos, notons une différence essentielle entre l’immigration américaine et européenne. Le problème actuel des USA n’est pas lié à un choc ethnique. L’Amérique latine fait partie de l’Occident. Elle est chrétienne. Il n’existe aucun clivage civilisationnelle entre le nord et le sud. A l’inverse, l’immigration européenne est un véritable choc des civilisations, une opposition culturelle et religieuse quasi insoluble. Nos livres d’histoire en témoignent mieux que quiconque.
Des programmes scolaires tendancieux
L’argument classique est de dire que la France s’est construite grâce à l’immigration, que cette dernière est une richesse – il faudra l’expliquer aux Espagnols qui, sans la Reconquista, parleraient aujourd’hui arabe en priant je ne sais qui -, et que cette richesse nous est nécessaire. Certes. Mais si la France s’est effectivement en partie construite sur l’immigration, elle s’est aussi avant tout construite sur ses frontières en défense de nombreuses invasions. C’est à cela que sert une frontière. Physique ou figurée, elle marque une limite à ne pas franchir. En outre, les nouveaux arrivants dont on nous assène qu’ils ont « fait » la France, l’étaient avant tout par élargissement du territoire gagné à l’ennemi. Ils devenaient Français par absorption. Voilà ce que ne racontent pas les manuels scolaires.
Une erreur d’analyse politique aux limites de l’incompétence
Tout le monde pensait que c’était l’Euro qui allait saborder l’Europe, et ce sera l’immigration, véritable bombe à fragmentation dont les peuples ne veulent plus. De l’Italie jusqu’en Pologne, en passant par l’Autriche, la Hongrie, les Pays Baltes d’ordinaire si discrets, la Scandinavie, l’Allemagne et bientôt la France, chaque jour les populations lèvent davantage le poing. La cacophonie s’installe. D’autant mieux lorsque le président Macron affirme que l’immigration est un problème politique et non culturel, alors que c’est précisément l’inverse.
L’Europe se meurt sous l’observation guillerette des États-Unis et de la Russie. Trump et Poutine exultent. Plus encore depuis le dernier sommet européen (juin 2018) dont ressort la création en urgence de centres d’accueils migratoires. Ce qui revient à dire : nous sommes prêts, nous vous attendons.
La MJC de Saint-Brieuc dispense des cours d’arabe mais pas de Breton
N’oublions pas qu’une Europe responsable est avant tout celle qui reconnait être constituée de nations aux spécificités régionales nourrissant l’histoire de chaque pays. La France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie…. ne seraient rien sans leurs régions qui, au reste, furent pour certaines des pays à part entière : la Navarre, La Galice, La Bavière, la Lombardie… Ces puzzles culturels en accumulation d’une histoire nationale, sont les véritables fondations européennes, mais aussi celles qui payeront en premier le douloureux tribu d’une immigration massive. A ce propos, savez-vous que la MJC de Saint-Brieuc, évêché millénaire créé par le roi Nominoë et préfecture des Côtes d’Armor, savez-vous que la MJC de Saint-Brieuc dispense désormais des cours d’arabe mais plus de breton ?
Lucidité pessimiste pour certains. Optimiste pour d’autres. Quoi qu’il en soit, preuve est faite que l’histoire de la Bretagne se conjugue avec celle du monde. Et qu’un pays se construit sur ses frontières (sa terre) autant que sur son peuple (ses hommes). Question de choix et de courage.
Jérôme Enez-Vriad – 30 juin 2018
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