« Les îles du désir » de Bernard Méaulle HermineHermine

Le héros a beau être un ancien flic, « Les îles du désir » est à la fois un vrai roman et un faux polar.

On y croise un ex commissaire déguisé en vrai privé, faussement perdu dans la mouvance d’un groupuscule de l’IRA. Il ne prend pas parti ; il tombe juste amoureux de la personne qu’il doit surveiller.

Bernard Méaulle, en vrai normand, ne s’engage pas. Ou si peu. En revanche, ses pérégrinations insulaires sont toujours bien vues. A tel point que derrière Sark, on devine aisément le tableau de Mathurin Méheut, celui qui habillait la salle à manger du Normandie. Précisément. Suivent alors une galerie de portrait aussi bizarre qu’incongrue à commencer par deux anciens nazis et un milliardaire… Et bien sûr la mémoire de l’ami Brian, tué sur le champ d’honneur du combat pour l’indépendance irlandaise.

En revanche, si la verte Érin est en filigrane du roman, elle demeure une toile de fond prétexte aux sentiments amoureux de notre personnage. Si bien que d’une île l’autre, l’intrigue s’effiloche, et se perd dans une série de portraits à la Tim Burton, aussi tranchés que décadents. Il n’y aurait cette documentation fouillée sur la seconde guerre mondiale et ses Lebensborn, que le livre perdrait de sa consistance. A la fin, on se demande même ce que l’Irlande vient faire dans cette aventure. Une île parmi d’autres sûrement.

Hervé DEVALLAN
« Les îles du désir » de Bernard Méaulle aux éditions Jean Picollec, 255 pages, 16€

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