Qu’est-ce qu’un bon roman ? Un début, un milieu, une fin… Et surtout, l’impossibilité de le refermer avant la dernière page ! Ajoutons ce temps qui passe où les personnages vous habitent encore. « Les amoureux de l’île Saint-Paul » est de cette engeance.
D’autant que ce roman est inspiré d’une histoire vraie, celle des « oubliés de Saint-Paul » restés neuf mois sur une île déserte, au milieu des mers australes, après une campagne de pêche. Armelle Guilcher s’installe elle aussi dans les années 30 et y ajoute ses héroïnes (Rose, Pauline, Yvonne…), un héros (Fañch), une histoire d’amour (ou presque), une irrésistible trame, un rythme soutenu, des expressions bretonnes… Et un décor à la fois sauvage et authentique : l’île Saint-Paul et Concarneau. Vous l’aurez compris, les familles bretonnes sont au cœur de cette aventure. Et comme souvent dans le Concarneau de l’entre deux guerres, le cadre social est important, entre bourgeoisie entrepreneuriale et Penn Sardines
Le roman fait cohabiter ces deux univers tout en ne les opposant pas. Mais là où « Les amoureux de l’île Saint-Paul » nous entraîne bien au-delà d’une étonnante histoire, c’est une fin en forme de saga familiale. Le temps passe et sur les dernières pages, les enfants et petits-enfants de nos personnages poursuivent une mémoire retrouvée. Le clan de Saint-Paul n’est en fin de compte pas mort. Le temps qui passe cherche simplement un sens à la vie qu’une grand-mère ou un grand père ont initié. Un souffle. Le souffle familial.
Hervé DEVALLAN
« Les amoureux de l’île Saint-Paul » de Armelle Guilcher aux éditions Les Presses de la Coté, collection Terre de France – 384p, 22€
Autre aventure se déroulant le Concarneau des années 30 : « Le lit clos » de Sophie Brocas












