Unique, cabossé et lumineux. L’incroyable parcours du bluesman Robert Finley, devenu une figure incontournable du genre à l’approche de la soixantaine après de nombreuses années passées dans l’anonymat, ressemble de près à ses chansons.
Originaire de Bernice, en Louisiane, le chanteur/guitariste autodidacte au falsetto inimitable a vécu plusieurs vies en amont de sa renaissance musicale. Ramasseur de coton durant son enfance, puis engagé dans l’armée à l’adolescence, Robert Finley découvre l’Europe en tant que mécanicien pour hélicoptères. De retour à la vie civile aux Etats-Unis, il entreprend une formation de charpentier, tout en poursuivant le hobby semi-professionnel de chanteur soul et gospel. Un coup du sort brise son élan quand Robert Finley commence à perdre progressivement la vue, mais le destin va bientôt définitivement le propulser dans l’univers de la musique : en 2015, alors qu’il se produit dans les rues d’Helena, dans l’Arkansas, Robert Finley est repéré par un membre de la Music Maker Foundation, une organisation caritative chargée de venir en aide aux musiciens âgés en difficulté.
Très rapidement, les choses s’accélèrent : en 2016, au terme de plusieurs décennies passées dans l’ombre, Finley publie son premier album, Age Don’t Mean a Thing, à l’âge de 62 ans. Quelques mois plus tard, Dan Auerbach, l’infatigable co-leader et producteur des Black Keys, signe celui qu’il qualifie de « plus grand chanteur soul vivant » sur son label Easy Eye Sound. Deux albums s’ensuivent, Goin’ Platinum! (2017), puis Sharecropper’s Son (2021), dans lesquels les chansons introspectives et avisées de Robert Finley narrent avec humour et clairvoyance son parcours unique. Le message d’un survivant dont les textes idéalistes et positifs s’adressent également à la plus jeune frange de son public.
En parallèle de sa discographie, la renommée de Robert Finley devient nationale grâce, entre autres, à sa participation remarquée par des millions de téléspectateurs américains en demi-finale du télé-crochet America’s Got Talent. En Europe, son following se traduit par une série de concerts à guichets fermés dans plusieurs pays, dont la France, où la réputation scénique du showman à la voix chaude et surpuissante n’est plus à faire.
Disponible le 27 octobre prochain, Black Bayou, le troisième volet du fructueux partenariat avec Dan Auerbach, satisfait toutes les attentes en plongeant l’auditeur dans une spectaculaire virée blues, soul, funk et rhythm’n’blues au cœur du bayou louisianais, avec pour compagnons de route le batteur Patrick Carney, la deuxième moitié des Black Keys, et la crème de de la scène blues d’Atlanta. Un intense voyage électrique qui se prolongera cet automne avec le retour très attendu de Robert Finley en France, au lendemain d’une glorieuse tournée avec les héritiers classic-rock de Greta Van Fleet. Le prolongement d’un rêve pour un artiste et performer à la trajectoire exceptionnelle, et dont la maxime se résume au titre d’une de ses plus fameuses chansons : Get it while you can !











