« Le lit clos » de Sophie Brocas HermineHermineHermineHermine

Les grèves des Penn Sardin de l’hiver 1924 – 1925 sont restées dans les mémoires. Non seulement les femmes de Douarnenez ont pris leur destin en main, mais elles ont eu gain de cause ! « Pemp real a vo ! » (Cinq réaux ce sera !) était leur slogan. Un Franc de l’heure sera leur gain. Vingt cinq sous de mieux.

C’est le décor du roman « Le lit clos » qui nous nous plonge dans la Bretagne des marins, des ouvrières et des paysans des années 20. On y parle encore breton. Et Sophie Brocas a l’audace de ne pas associer ces ploucs à une société de dégénérés. Non seulement, les idées politique fusent, mais les combats sociaux sont aboutis. Mais là n’est que le début d’une aventure qui va nous entraîner au cœur d’une véritable histoire d’amour interdite. Celle de deux femmes que tout va séparer : la vie, les traditions et les ambitions. Deux Penn Sardin qui vont affronter le monde parisien des arts et des lettres pour l’une et les regards d’une société de province hésitant entre modernité et austérité pour l’autre.
On est happé par ces deux destins contés comme deux carnets intimes. Les expressions bretonnes fusent (penn gast…) et notre regard ne peut se détacher de ces deux leçons de vie, dépeint sans jugement, mais avec un vrai regard militant que l’auteur sait insuffler entre chaque ligne. On est surpris de découvrir que Sophie Brocas est une haut fonctionnaire, préfète du Loiret. « Le lit clos » est son cinquième roman. Comme quoi, nos idées reçues battent leur coulpe et avec elles, une certaine vision, non pas de la femme, mais de la fonction publique.

Hervé DEVALLAN
« Le lit clos » de Sophie Brocas aux éditions Mialet-Barrault – 336 pages – 21€
En librairie le 15 janvier.
A lire aussi l’article sur l’Usine rouge.

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