Le Blues du Mississipi au cœur de l’Irlande. C’est le fil rouge de ce roman qui croise le destin d’une dizaine de personnages sans jamais s’éloigner de la petite ville de Killarney dans le Kerry. Ah si, pendant quels pages on frôle Dingle, sans jamais y arriver. C’est d’ailleurs là que se produit le drame…

Ce – presque – huit clos a pour QG un pub. On boit, on joue, on danse et surtout on y échange les derniers potins. Le passe temps favori de 3 copines trentenaires. Et quand elles sont là, les mâles rodent. Jack le violent et son ami d’enfance Bernard Dunphy, légèrement autiste et surtout jarvey, qui dans le jargon local signifie qu’il promène les touristes en calèche. Ce qui le tient en vie ? Ses amours secrètes pour la belle Marian et le Blues. Une incongruité (je parle du blues), quand on vit à Killarney, berceau de la culture irlandaise.
En suivant une dizaine de destins, Collin O’Sullivan arrive à bousculer leur vie pourtant toute tracée jusqu’à un point de non retour. Et quand l’orage gronde, c’est pour quelques heures. Le temps d’un dimanche soir. Puis le calme envahit à nouveau la cité, se referme comme une parenthèse désenchantée. Oui, rien ne s’est passé. Les secrets restent enfouis pour ne pas troibler la communauté.
Ce sont ces 48 heures fiévreuses que nous raconte l’auteur en promenant sa plume comme une caméra poursuivant ses personnages. On est au cœur de l’action, même quand les flashs back familiaux dévoilent d’autres catastrophes. Heureusement, le Blues est là, qui est le vrai hérault de cette aventure, acteur des relations épistolaires et musicales qui rythment ce livre. Un roman aussi noir qu’une bonne pint de Guiness en col blanc.
Hervé DEVALLAN
« Killarney Blues » de Collin O’Sullivan aux éditions Rivages Noir, 382 pages, 8.50€












