J’ai lu LE Trierweiler. Pas les bonnes feuilles, non, tout le bouquin : 316 pages. Comptez 4 heures environ.


Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef d’Etat français n’en sort pas grandi. La dame du Grand Ouest (elle est originaire d’Angers) livre le portrait intime d’un homme  qu’elle suit comme journaliste politique à Paris Match depuis une vingtaine d’années.  Leur histoire d’amour ne regarde qu’eux ; leurs histoires de familles aussi.  C’est pourtant ce qui occupe 80% du bouquin, une sorte de commentaire appliqué des ragots parisiens, entre les dorures de l’Elysées, les voitures officielles pour La Lanterne où leur appartement dans les beaux quartiers parisiens.  Bref, du Tweet au Paparazzi, c’est du Voici puissance Closer sans les photos chocs. En revanche, beaucoup de pleurs, de SMS et d’anxiolytiques !

Pour le reste, il en ressort un homme maniant la duplicité avec brio. Traduction : il ment comme un arracheur de dents, bref, c’est un homme politique. Je cite ; « Combien de fois l’ai-je ainsi entendu, lorsqu’il était Premier secrétaire du PS, encourager un candidat et tout faire ensuite pour qu’il n’ait pas l’investiture ? » On découvre également un homme en complet décalage avec la réalité. Je cite à nouveau Valérie Trierweiller lorsqu’elle parle de son compagnon « Lui qui préfère se passer d’un repas lorsque que ce n’est pas du premier choix, ne mange pas mes fraises si elles ne sont pas des « garriguettes », ne goûte pas aux pommes de terre si elles ne proviennent pas de « Noirmoutier », et met directement à la poubelle la viande si elle est sous vide. » Un homme de gauche « normal » en quelque sorte. Je passe l’anecdote sur les « sans-dents »… Et puis cette phrase sur l’homme de culture qu’est François Hollande : « La littérature ne l’intéresse pas, pas davantage le théâtre ou la musique. Un peu de cinéma peut-être ».  Un homme d’avenir également : « Son cercle d’ami s’est arrêté à la promotion Voltaire ».

Certes, il s’agit du portrait d’un homme par une femme brisée. Il en ressort pourtant un sentiment diffus, trouble, inquiétant. Comme l’étrange sensation qu’il y a un réel problème de fond, en écho à une actualité aux sondages accablants. Et toujours cette absence maladive de réformes, des décisions hésitantes, des choix dangereux, à commencer par ce conseiller aux chaussures bien cirées et ces ministres en délicatesse avec le fisc ou plus si affinité : « Je les observe en silence en me demandant comment tel ou tel a pu être nommé ministre. (…) Peu sont là pour leur compétence ». Comme breton, me vient alors à l’esprit ce découpage territorial sur un coin de nappe. Quant à Madame Trierweiller, elle continue à voter socialiste… 

Editions les arênes

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