Da Silva « Villa Rosa » HermineHermineHermine

Emmanuel Da Silva semble avoir définitivement tourné les pages sombres de ses tourments, à l’image du titre de son nouvel album positif et frais « Villa Rosa ».

Da Silva « Villa Rosa »Note : 3 sur 5

C’est d’ailleurs ce qui frappe en premier, cette envie de tirer un trait définitif sur son côté obscur, réminiscences de Daniel Darc, pour s’envoler vers une pop légère et flamboyante façon Etienne Daho (« Un Jour peut-être »).

Exit donc la mélancolie des années punk, et cette haine imprimée sinon sur la peau – ses tatouages qui lui couvrent le corps racontent sa vie – au fond de son cœur, le Da Silva nouveau célèbre demain qui forcément sera un autre jour. Il y a même une folle envie de virevolter qui s’échappe de ce cinquième album. Que s’est-il passé ?

Peut-être l’approche de la quarantaine, dans trois ans, ou alors sa plume devenue argument de ventes pour nombre d’autres artistes (Hélène Segara, Jenifer, Claire Denamur ou la chanteuse de Cocoon) le libérant d’une inquiétude, celle des fins de mois trop justes. Aussi la réalisation que si l’on ne se renouvelle pas on s’éteint à petit feu.

Il y a toujours une certaine tristesse ou du moins interrogation sur la vie dans les paroles, par exemple le formidable et ensoleillée « La Tasse » qui raconte les épreuves de l’existence. Mais elle est désormais transcendée par la forme, excessivement joyeuse.

La maturité est là, la sérénité également, Da Silva n’ayant plus grand chose à prouver, juste à grandir encore un peu plus pour devenir un chanteur populaire. L’idée d’accélérer les tempos et de mettre à contributions toutes ses envies musicales était la solution pour un résultat aussi surprenant que cohérent. Même l’essai disco (« Gin Fizz ») s’écoute et se danse volontiers.

Hervé DEVALLAN
Da Silva « Villa Rosa » (PIAS)

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