Il y a de ces villages où l’on n’est pas né mais où l’on aimerait à coup sûr y passer plus que cinq minutes, bref y vivre. Des villages vivants qui donnent envie.
Parce que ? Parce que l’air y est plus léger, les maisons mieux éclairées, les lumières plus lumineuses, les initiatives plus citoyennes et surtout les gens plus créatifs !
Plus malins, plus bizarres, plus rigolos, et surtout, surtout plus ensemble !
Un village pas dortoir avec des paysans, des artistes, des résidents, des enfants, des grands-parents, des jeunes et des moins, des morts au cimetière et des vivants dans tous les coins ! Autrement dit, vous l’avez compris, tous, morts et vivants, les dénommés les habitants prennent l’initiative !
Dans ce village habité, les habitants veulent aussi se mêler du principal, au cœur du bled, au milieu sous les cloches, face au drapeau de la République, ils veulent se mêler du bistrot !
Pas le bistrot pour le bistrot ni le commerce pour le commerce, bien qu’ils aient ce souci, les habitants sont réalistes et ont des business-plan ! Ils insistent surtout sur le fait que le bistrot est un lieu où on est ensemble et qui peut se fabriquer ensemble ! Humm, par les temps qui courent, ça pourrait tenir de la fronde !
Ce village un peu frondeur existe, entre Canal d’Ille et Rance et colline acide, entre bourg et prés en pentes. On aimerait s’y s’installer puisque beaucoup l’ont fait. Il y en a plein partout en Bretagne de ces villages vivants mais celui-ci est à moins de vingt kilomètres de Rennes, azimut Nord-Est, direction le Monstre-à Michel si on part de la confluence d’Ille et Vilaine et stoppez bien avant, virez à gauche avant Saint-Aubin-d’Aubigné, ou mieux, vicinalisez entre Saint-Grégoire et Saint-Germain-sur-Ille !
C’est là. L’Ille se la coule en contre-bas et nombre de pénichards à pédales ou de joggeurs en shortos connaissent Saint-Germain outre les amis des vroum-vroums, il y a de la course de côte ici de temps en temps et les lacets de Saint-Germain ont vu vrombir moteurs et décourapiétàterrer plus d’un bicyclettiste.
Figurez-vous qu’à Saint-Germain-sur-Ille, ils sont cent-cinq, pas plus pas moins, cent-cinq citoyens à s’engager sur un café ouvert 7 jours sur 7. Le Ptit Café ! Belote coinchée un dimanche après-midi, cantine ouvrière entre deux chantiers, rendez-vous lecture pour les enfants le mercredi après-midi, apéro en attendant les pizzas du camion, match samedi prochain, bref un bistrot pour tous tenus par tous, les 105, cent-cinq germinoises et germinois, et soutenu par cinq entreprises locales après qu’un questionnaire ait recueilli pas moins de cent et quelques réponses. À partir d’elles que le projet se fabrique.
Ça décoiffe !
Ça dégoise ! Ça donne envie d’aller, dès que ça déconconfinera, y boire une fine avec concombre en rondelles ! Depuis septembre, tous les lundis à Saint-Germain, au moins quinze habitants ne complotent ni ne digressent mais rêvent, causent, calculent, machinent à calculent, planifient, imaginent, percolent et percolateurent, bref élaborent un projet de bar bien barré. Ça cause et ça tracte dans les boîtes aux lettres, toc-toc chez les habitants isolés, que diriez-vous de rouvrir le bar dont le tabac serait transféré à l’épicerie voisine et la cantine de midi tenue par tous ?
Le projet de Ptit-Café naît. Il répond à un appel d’offre de la Communauté de Communes de l’Ille, propriétaire des murs. Comme toute réponse à un appel d’offres, ce deal citoyen et participatif se retrouve en concurrence avec d’autres projets, disons, plus dans la norme, et à coup sûr, moins imaginatifs et moins convivialistes.
Délibération prévue vite !
Ça turbule dans les Commissions et ça chauffe en cuisine !
Bref, à Saint-Germain-sur Ille, autant qu’ailleurs, l’habitant a hâte du déconfinement et de se retrouver à brasser du houblon et des idées. À embrasser le vent et les chansons, et, sans embrassade illicite, il est prêt aux débats au plus haut de l’amitié d’un joli rade où le village, autant que sous son clocher, se justifie ! Moins brèves de comptoirs que longues de conteurs !
Saint-Germain-sur-Ille est ainsi. Un village vivant avec habitat partagé, station de TER, port à péniches, école publique au taquet, Compagnie de théâtre, artistes en résidence, jardiniers jardinants et donc, entrez dans la danse, un projet de bistrot collectif, ouvert à tous, animé par beaucoup où, devant le marché, il ferait bon ouvrir l’été le parasol et se mettre en éventail les doigts de pieds et en position de parlottes les parleurs ! Autour d’un verre.
Ou deux !
Le village a des rêves et s’ils se faisaient réalité !
Gilles CERVERA
Le site: www.lesaintgermain.org
L’appel aux dons: https://www.helloasso.com/












