Dans mon immeuble s'est constitué un groupe WhatsApp pour l'entraide. Bonne initiative, et rassurante au cas où la maladie me terrasserait, ou si quelqu'un d'autre avait besoin d'aide... C'est devenu commun, et rassure sur l'humanité : on ne peut plus se voir, ni discuter de vive voix. C'est heureux : on peut encore s'entendre ! Mais je ne veux pas faire part de mon expérimentation, qui n'a point d'imitateur...

Plus de bière.
La consommation d’alcool a augmenté dit-on ! Je bois de la bière pour ne pas boire de vin. Peut-être pas la solution adéquate ! Je le conçois. Mais tant pis, je ne suis pas près de faire ma visite médicale, où le pré-questionnaire fait trop croire qu’on est bien rapidement alcoolique. Le calcul fait tout de suite atteindre la dernière case, ce qui va entraîner des questions subsidiaires… culpabilisantes. Le jugement moral vient aujourd’hui des médecins. « Mon médecin m’a dit », « Mon médecin me l’autorise ». Avec l’impératif pour tout le monde d’avoir une vie saine et de faire du sport. D’être en forme et pas déprimé…. Et de rester toujours performant.

La Haute Autorité de santé a remplacé la haute autorité religieuse

Dans le contexte actuel l’autorité des médecins est encore accrue. Ce sont eux qui donnent les directives aux politiques. La Haute Autorité de santé a remplacé à mesure la haute autorité religieuse (pas plus mal, mais !), elle préfigure ce qui va donner légitimité pour édicter les lois. Les mesures prophylactiques allant jusqu’à préconiser une traçabilité en bornant nos portables et suivant nos déplacements, au détriment de nos libertés individuelles. Une avancée efficace sans doute, mais qui pourrait aussi être sans rétropédalage, et une grosse entame dans les libertés individuelles. Cela fait légitimement débat, dans une société démocratique comme la nôtre alors que ça semble si parfaitement admis sous les régimes autoritaires. Il est vrai qu’il est parfois difficile de ne se reposer que sur la citoyenneté supposée de chacun. Un comportement inconséquent met en danger le reste de la société.

Tous potentiellement patient double zéro !

Dans notre environnement social individualiste nous nous considérons trop souvent comme fin. Et non un élément faisant partie d’un tout, et là un élément de la chaîne. Le virus est parti d’un seul cas : le patient zéro. Nous pouvons être chacun le vecteur d’un redémarrage de l’épidémie, un maillon, début du reste de la chaîne. Tous potentiellement patient double zéro !
Les représentants du gouvernement n’arrêtent pas de tenter de nous rassurer en disant que les respirateurs ont été commandés, que les masques vont arriver, qu’on va dépister etc. Et au bout du compte on s’aperçoit qu’on n’a qu’une solution de pays sans moyen : le confinement !

Contrairement à une catastrophe qui ne se déroulerait qu’au bout du monde, là nous sommes concernés, impliqués. Ça se passe partout ailleurs, mais on sait aussi que ça arrive ici pour nous atteindre. Et que de spectateur on peut devenir victime et acteur. Prendre la place de ce(tte) pauvre malade qu’on déménage de sa région parce qu’il n’y a pas de respirateur. Son ultime voyage peut-être consistera à être transporté au-dessus des sièges d’un wagon TGV.

Est-ce que Docteur House ferait des miracles ? Hein ?

Dans l’attente inquiète d’être touchés à notre tour, nous ne pouvons-nous détacher du spectacle de la succession ininterrompue d’événements. Jamais on n’avait imaginé qu’une telle production de télé réalité puisse être créée ! Chaque jour, chaque heure, nous sommes tenus en tension. Ça n’a jamais été autant participatif. De plus, nombre de spectateurs avaient déjà une prédilection pour les séries qui se passent dans le milieu médical. Est-ce que Docteur House ferait des miracles ? Hein ? Docteur Raoult ! ?
Et est-ce qu’on nous cache quelque chose, pour préserver certains lobbies ? Avec ces interventions annexes dans le scénario, qui nous donnent lieu à questionnement pour relancer l’intrigue. Derrière les déclarations aux accents un tantinet provocateurs du Docteur Raoult, est-ce qu’on a affaire à un grand génie français que nous envieraient Américains et Chinois ? C’est à espérer. Le dénouement se fait attendre. Dans les meilleurs scénarios il y a de ces intrigues parallèles qui peuvent ramener des personnages sur le devant de la scène ou qu’on élimine du film parce qu’ils ne tiennent pas les promesses qu’ils avaient suscitées. Personnages à intrigue et à énigme, qui ont eu tort d’avoir eu raison avant les autres et rejetés par l’establishment, ou porteurs de faux espoirs ?! On verra ! Raoult pour un grand raout, ou exit Raoult ?! Suite au prochain épisode.

Le divertissement ne m’amuse plus…

Les nouvelles ne sont pas pour moi anxiogènes. Ce que je n’aime pas c’est d’être assailli de messages m’indiquant, à longueurs de jours, les mensonges, et manquements de l’état, l’« incurie » des politiques ! Sans compter les théories plus ou moins complotistes… Et les remèdes à la morosité qu’on nous propose sous forme de sketchs me font encore rire en même temps qu’ils me lassent. Le divertissement ne m’amuse plus… Je deviens triste, morose, ronchon. Et personne sur qui passer mes humeurs… On entend tellement d’avis contradictoires que chacun est poussé à se faire sa propre opinion et beaucoup se rencognent par facilité dans un positionnement idéologique. Campant sur des opinions à défaut de penser. Bien sûr je ne suis pas dupe face à cette propagande d’Etat distillée pour fair oublier tous les manquements.
Zapping permanent, avec le même déroulé de l’histoire. Chaque jour quelque chose de nouveau pour nous tenir en haleine. De plus en plus de gens contaminés, de plus en plus de morts, de situations dramatiques… Maintenant arrive la disparition de gens connus. Entre ces évènement saisissants et les espoirs qui surgissent, l’intensité dramatique ne retombe pas. On attend le pic épidémique, l’acmé du scénario !

Nous sommes devenus des experts

La « Guerres des mondes » va passer pour une bluette après ça. Un truc à contre-temps, décalé. Le réel est d’une certaine manière moins spectaculaire… mais plus pernicieux… complexe. Bien plus impliqués, nous sommes devenus nous-mêmes des experts. Chacun, à force d’entendre tous les points de vue des spécialistes, est devenu fin analyste. Nous avons un point de vue médical aussi assuré que celui des médecins. Et nous suivons avec attention le comportement des politiques qui mènent la bataille comme ils le peuvent.
Macron en grand chef militaire, et Boris Cyrulnik comme stratège de la résilience… Et on a, pas loin, Christophe André, en soutient. Pour nous rassurer en nous prodiguant de lénifiantes évidences… Toute une chaîne pour arriver à la pleine conscience qui n’est qu’un assoupissement. J’opte pour ma part, pour l’inquiétude et la vigilance.
Il ne faut pas se leurrer, si même certains voudrons tenter un procès pour impréparation ou imprévoyance à certains ministres, Edouard Philippe, Agnes Buzyn et Olivier Véran. (Roselyne Bachelot réhabilitée ! Santo tardo !), quand la vague passera on aura, sans doute, d’autres préoccupations que les règlements de comptes. D’ailleurs la cote du Président Macron a augmenté de plus de 10 points au mois de Mars. La communication fonctionne. La majorité de nos concitoyens a besoin de quelqu’un qui se présente comme un chef de guerre. Et la sanction, que je ne pressens pas, se déroulera au moment des élections !

Des sangliers trottinant à travers les rues de Barcelone

Au journal télévisé, on nous présente un patchwork d’images d’animaux ayant envahi les villes. Une famille de canards dodelinant escortés de motards sur le périphérique à Paris, des sangliers trottinant à travers les rues de Barcelone, un puma franchissant un mur au Chili. On a ainsi la vive impression que les animaux envahissent les villes, et qu’une fois sortis on trouvera un monde ensauvagé colonisé par les animaux. Avec ce don d’ubiquité qu’offre la multitude de gens qui prennent des clichés on a la fabrication d’une image trompeuse de la réalité. Ce n’est là qu’un exemple assez anodin, mais significatif d’une sorte de travestissement du réel qui peut facilement s’opérer à travers les médias.
J’ai mis des marrons à chauffer. Je me souviens du dernier Noël… me reviennent comme ça des réminiscences d’un passé dont on ne retrouvera plus la même insouciance !!! La dinde en était truffée, et j’avais trouvé meilleur les marrons que le reste. Là les marrons, pas assez cuits ont un goût cartonneux. Ce qui me rassure momentanément, c’est que j’ai encore du goût.
Il me reste deux œufs.
Réveil en pleine nuit. Je suis en manque ! Comme Knut, j’ai faim. D’oranges, de pommes, de laitage… et puis de chocolat, ou de bonne viande (eh oui!). Du fromage de chèvre. De l’époisses !
Arrêter ! Avant que cette contrainte en plus ne me porte davantage sur les nerfs. Knock-out avant Knut ! Avant le scorbut.

Michel OGIER

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Épisode N°1
Épisode N°2
Episode N°3

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