Puts Marie est un oxymore suisse. On y perdrait ses petits si le quintet n’avait pas su transformer son cabaret déglingué en un hymne sauvage terriblement addictif.
La Suisse alémanique n’est pas réputée pour sa joie de vivre. Alors quand un groupe explique qu’il vient de Bienne, on se méfie. Et on a tort ! Car depuis 15 ans, c’est entre grand cirque rock’n’roll et poésie extravagante que le quintet aime surprendre, façon Tom Waits et cabaret berlinois, l’art du travestissement compris. Mais il semble que l’exercice soit exigeant : la joyeuse troupe fait l’école buissonnière entre 2007 et 2013 avec un projet solo pour le batteur Nick Porsche, un long séjour au Mexique pour le bassiste et un repli à New York pour le chanteur Max Usata. De retour aux affaires avec l’album « Masoch I-II », Puts Marie semble avoir mis un peu d’eau dans son riesling. Une lente mutation qui transforme leur grand bazar en une soul garage empathique. On y revient comme une évidence à cet album. Non seulement parce que le titre « Porn star » est un tube par excellence, mais aussi parce qu’ils maîtrisent la mélopée veloutée, savent tendre un morceau jusqu’à la limite de la rupture consentante, voire bricoler un rock avec les codes de la musique pop. Il faut vraiment écouter ce disque qui redonne un peu de couleur à une rentrée 2015 qui se contentait de manier la qualité sans l’audace. Nous voici comblé par ce groupe qui ose et propose un grand flirte avec le kitsch tout en ignorant ses codes.
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Yotanka












